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Parlement européen / bellamy / Glucksmann / armement
L’Union européenne compte renforcer sa souveraineté sur la défense / Une enveloppe de 1,5 milliard d’euros doit bénéficier à son industrie
Une obligation que ne devrait que peu goûter Donald Trump. Prompt à appeler les Européens à se fournir auprès de l’industrie de l’armement américaine, c’est tout le contraire que prône le programme européen pour l’industrie de la défense (EDIP) lancé par l’Union européenne. Cet accord informel conclu jeudi dernier par les députés européens et la présidence danoise du Conseil comporte deux volets destinés à améliorer la souveraineté du Vieux continent.
Il est tout d’abord affirmé qu’il est nécessaire que les "entités éligibles conservent la maîtrise d’œuvre du produit" et qu’il est uniquement prévu "le financement de produits de défense dont le coût des composants originaires de pays tiers non associés représente au maximum 35 % du coût estimé des composants ". Le Parlement européen est très clair quant aux objectifs poursuivis ; il s’agit ni plus ni moins que "de renforcer la base technologique et industrielle de défense européenne, essentielle pour accroître les capacités de défense du continent".
Concrétiser
Cet accord doit cependant encore être approuvé par le Parlement et le Conseil afin de devenir une loi, un tel vote aura lieu ce lundi 20 octobre. En cas d’issue favorable, il sera établi un cadre juridique nécessitant qu’un projet européen de défense d’intérêt commun rassemble au moins 4 États membres pour devenir éligible au financement. Il est également question de l’apparition d’un "régime européen de sécurité d’approvisionnement" afin d’éviter toute crise d’approvisionnement et permettant d’avoir un accès continu aux différents produits de défense jugés essentiels.
L’Ukraine pourra être dans un tel projet et bénéficier de jusqu’à 300 millions d’euros. Une somme censée accroître les investissements directs dans l’industrie ukrainienne de la défense et également les partenariats entre les acteurs européens et ukrainiens. Un sujet qui a permis de rassembler les forces politiques françaises ; loin du tumulte de la scène politique nationale ce sont effectivement Raphaël Glucksmann, co-rapporteur de la commission de la sécurité et de la défense, et François-Xavier Bellamy, co-rapporteur de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie, qui se sont réjouis des avancées réalisées. Ce dernier jugeant qu’après "des décennies de dépendances dangereuses pour la souveraineté de nos démocraties et la protection de nos pays, le programme EDIP va renverser la logique d’importation qui prévalait en Europe pour soutenir concrètement le renforcement de notre base industrielle, et garantir de manière autonome à nos forces armées les moyens de leur mission", là où le premier nommé voulait y voir "une étape concrète vers une plus grande autonomie, des capacités renforcées et la protection de nos démocraties ".
Additionner
Une semaine passée décidément chargée, puisqu’il a également été proposé aux États membres de l’UE une feuille de route " pour la préservation de la paix et la préparation à la défense à l’horizon 2030". Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, expliquant que "les menaces récentes ont montré que l’Europe est en danger" et qu’en conséquence il fallait "un plan clair avec des objectifs communs et des jalons concrets sur notre chemin vers 2030. Parce que seul ce qui est mesuré est fait. Passant des plans à l’action, la feuille de route propose quatre initiatives phares européennes : l’initiative européenne de défense contre les drones, l’Eastern Flank Watch, le bouclier aérien européen et le bouclier spatial européen. Cela renforcera nos industries de défense, accélérera la production et maintiendra notre soutien de longue date à l’Ukraine".
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