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Kering monétise la Cinquième Avenue / Avec Ardian, une stratégie immobilière désormais bien rodée

Après Paris, Kering applique la même logique à New York. Le groupe a finalisé avec Ardian un accord de co-investissement sur un immeuble emblématique de la Cinquième Avenue, illustrant la gestion plus active de son prestigieux portefeuille immobilier au service du désendettement.
Luca De Meo, le directeur général de Kering (Photo by Thomas SAMSON / AFP)
Luca De Meo, le directeur général de Kering (Photo by Thomas SAMSON / AFP)

Le désendettement s’impose comme l’un des marqueurs structurants de 2025 chez Kering. Le groupe vient d’ajouter une nouvelle pièce à l’édifice avec une adresse new-yorkaise de tout premier rang.

Kering a finalisé avec Ardian un accord de co-investissement portant sur l’immeuble du 715-717 Cinquième Avenue, à New York, une adresse qui figure, il convient de le souligner, parmi les plus emblématiques du luxe mondial. Situé à l’angle de la 56e Rue, au cœur du "Golden Triangle" new-yorkais, l’immeuble se trouve sur l’une des portions les plus recherchées de la Cinquième Avenue, qui concentre les flagships de Tiffany, Cartier, Louis Vuitton ou encore Apple.

La transaction valorise l’immeuble 900 millions de dollars, soit environ 766 millions d’euros. Kering apporte l’actif à une joint-venture nouvellement créée, dont Ardian détiendra 60 %, le groupe conservant les 40 % restants. Le produit net attendu par Kering s’élève à 690 millions de dollars, soit 587 millions d’euros. L’ensemble représente environ 10 700 mètres carrés de surfaces dédiées au retail de luxe, réparties sur plusieurs niveaux.

 

La pierre comme levier de bilan

 

La participation conservée par Kering sera comptabilisée selon la méthode de mise en équivalence à compter de la réalisation de l’opération, un schéma qui permet au groupe de dégager des liquidités tout en conservant une exposition à long terme sur un emplacement éminemment stratégique.

L’opération s’inscrit dans le cadre du partenariat structurant noué en début d’année avec Ardian, première brique d’une stratégie immobilière plus sélective. En janvier, les deux groupes avaient annoncé un accord portant sur trois ensembles immobiliers prestigieux à Paris, place Vendôme et avenue Montaigne, selon la même logique de joint-venture. À l’époque, le produit net encaissé par Kering s’élevait à 837 millions d’euros, marquant un tournant dans la gestion de son patrimoine immobilier.

"À l’instar de l’accord d’investissement signé à Paris, cet accord nous permet à nouveau de sécuriser sur le long terme un emplacement retail de premier plan pour nos Maisons, tout en renforçant notre flexibilité financière", a souligné Jean-Marc Duplaix, directeur général adjoint et directeur des opérations de Kering.

Ce partenariat avec Ardian s’inscrit dans le mouvement de désendettement engagé par Kering en 2025, dont la finalisation de l’opération new-yorkaise constituait une étape attendue après les accords conclus en début d’année. Cette trajectoire a pris une nouvelle ampleur depuis l’arrivée de Luca de Meo à la direction générale du groupe.

 

Une séquence financière décisive

 

Nommé à l’été 2025, avec une prise de fonctions effective le 15 septembre, le dirigeant a rapidement donné le tempo, en particulier avec l’accord stratégique scellé en octobre avec L’Oréal. Une opération de 4 milliards d’euros combinant la cession de la maison de parfums Creed et la signature de licences de beauté et de fragrances de longue durée pour Gucci, Bottega Veneta et Balenciaga, avec un paiement en numéraire attendu au premier semestre 2026.

Avant même cet apport massif de liquidités, la trajectoire de la dette nette s’était déjà infléchie. À la fin du premier semestre, elle avait reculé d’environ 1 milliard d’euros par rapport à fin 2024, pour s’établir à 9,5 milliards d’euros, reflétant notamment des cessions immobilières proches de 1,5 milliard d’euros, auxquelles s’était ajoutée récemment la vente d’un immeuble à Tokyo. Avec l’opération new-yorkaise désormais finalisée, le montant cumulé des arbitrages immobiliers devrait dépasser 2 milliards d’euros.

Additionnés aux 4 milliards d’euros attendus de l’accord avec L’Oréal, ces flux devraient permettre à Kering de ramener sa dette nette vers un niveau comparable à celui d’avant la crise, estimé entre 4 et 6 milliards d’euros.

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