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Macro-économie / Taux / Airbus / croissance / France / Manufacturier

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France : de l'essoufflement à la reprise / Les ménages attendus au tournant au premier semestre 2026

Après un net ralentissement en fin d’année 2025, l’économie française amorcerait une reprise graduelle début 2026. Selon l’Insee, la croissance accélérerait légèrement au premier semestre, portée par un redémarrage prudent de la demande privée et un investissement plus dynamique, malgré un climat de confiance toujours fragile chez les ménages et des vents contraires persistants sur le commerce extérieur.
Paris - Armand Tamboly / Connect Images via AFP
Paris - Armand Tamboly / Connect Images via AFP

La croissance devrait reprendre du poil de la bête ces prochains mois. Après le fort dynamisme observé à l’été (0,5% de croissance), l’activité ralentirait mécaniquement en fin d’année 2025. L’Insee anticipe une progression du Produit intérieur brut (PIB) de 0,2 % au quatrième trimestre, portant l’acquis de croissance à 0,5% pour 2026 (la croissance affichée l’an prochain si l’activité stagnait toute l’année). L’industrie manufacturière se stabiliserait, consolidant les gains engrangés auparavant, malgré des arrêts temporaires dans l’automobile. L’aéronautique résisterait, les motoristes français maintenant un rythme soutenu malgré des objectifs de livraisons revus à la baisse chez Airbus. Les services marchands ralentiraient légèrement, tandis que la construction afficherait un net rebond.

La demande intérieure continuerait de soutenir l’activité, mais sans véritable accélération. La consommation des ménages progresserait faiblement, pénalisée par la baisse du pouvoir d’achat liée au calendrier de l’impôt sur le revenu. Si les achats de produits manufacturés repartiraient, notamment dans l’automobile et l’alimentaire, la consommation d’énergie se replierait sous l’effet de températures clémentes. Le taux d’épargne reculerait sensiblement, sans traduire pour autant un regain de confiance. 

Ainsi, sur l’ensemble de l’année 2025, la croissance atteindrait 0,9 %. La demande intérieure contribuerait pour 0,5 point à cette progression, essentiellement grâce à la consommation publique. La consommation des ménages resterait quasi atone, tandis que l’investissement privé demeurerait en convalescence. Le commerce extérieur pèserait négativement sur la croissance, un effet compensé par un mouvement de restockage.

Cette trajectoire s’inscrit dans un contexte de conjoncture contrastée. Du côté des entreprises, le climat des affaires s’améliore légèrement en novembre, à 98 points, porté par l’industrie et les services, même s’il reste inférieur à sa moyenne de long terme. En revanche, le climat de l’emploi demeure dégradé, traduisant davantage un rétablissement de la productivité qu’un redémarrage des embauches.

À l’inverse, le pessimisme des ménages persiste tout au long de l’année. Leur indicateur de confiance reste bloqué à un niveau bas, et l’opinion sur l’opportunité d’épargner atteint un record historique. Si les Français jugent leur situation personnelle relativement stable, leur perception de la situation économique générale s’est nettement détériorée depuis la fin des années 2010, un trait singulier parmi les grandes économies européennes.

En 2026, l’activité accélérerait légèrement. Au premier semestre, la croissance atteindrait 0,3 % par trimestre, portant l’acquis de croissance à mi-année à 1%, un rythme supérieur à celui de l’ensemble de 2025. La demande intérieure privée prendrait progressivement le relais de la dépense publique. La consommation des ménages redémarrerait timidement, ceux-ci consommant avec prudence une partie des gains de pouvoir d’achat passés, tandis que l’investissement accélérerait plus franchement, tant chez les ménages que chez les entreprises.

Cette amélioration resterait toutefois fragile. Le commerce extérieur pèserait à nouveau sur la croissance en début d’année, en raison du reflux des exportations aéronautiques et navales après un second semestre 2025 exceptionnel.

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