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Private Equity / PAI PARTNERS

Private Equity
PAI PARTNERS

exclusif L'année 2026 vue par... Frédéric Stévenin / Associé gérant de PAI Partners

EXCLUSIF. Quelle forme affichera l’économie française en 2026 ? Le manque de confiance envers les institutions politiques se traduira-t-il par un nouveau recul de l’investissement des entreprises dans notre pays ? L’Europe trouvera-t-elle les moyens de donner un coup d’arrêt à la déferlante manufacturière chinoise ? Quelles conséquences aurait une possible mise sous tutelle de la Fed par Donald Trump ? L’adoption de l’intelligence artificielle par les entreprises se transformera-t-elle enfin en levier de croissance ? Autant de questions que vous vous posez et auxquelles WanSquare tente de répondre chaque jour grâce aux éclairages de chefs d’entreprise, investisseurs et économistes.
Frédéric Stévenin, Managing Partner, PAI Partners
Frédéric Stévenin, Managing Partner, PAI Partners

Quelles sont vos perspectives de croissance pour l'Europe et la France en 2026 ?

 

Les années 2024 et 2025 ont été marquées par un contexte macroéconomique et géopolitique complexe, mais 2026 devrait continuer d’offrir de nouvelles opportunités pour les investisseurs engagés dans l'économie réelle. En Europe et en France, la croissance globale devrait rester modeste, tandis que les secteurs portés par des tendances structurelles telles que la réindustrialisation, la transition énergétique, la digitalisation ou encore la relocalisation des chaînes d’approvisionnement continuent d’offrir de solides opportunités d’investissement.

Pour PAI, la priorité est de soutenir des entreprises résilientes, solidement ancrées localement, génératrices de flux de trésorerie, capables de capter de la valeur sur l’ensemble de leur chaîne et de performer de manière constante à travers les cycles économiques. Cela vaut particulièrement pour les produits de première nécessité et les services essentiels – plateformes industrielles et services aux entreprises, santé, consommation –, où nous bénéficions d’une bonne visibilité sur la demande et d’un solide pipeline d’opportunités d’investissement en 2026.

Il est important de souligner que l’Europe reste attractive par rapport à d’autres marchés, avec des niveaux de valorisations plus raisonnables qu’aux États-Unis. Par ailleurs, l’environnement politique gagne en stabilité, créant un contexte favorable à l’investissement à l’approche de 2026.

 

Bien que les rapports Draghi, Noyer et Letta soient largement salués, ils n'ont jusqu'à présent donné lieu qu'à peu de réformes concrètes en Europe, en partie en raison de la longueur du processus législatif. Selon vous, quelles devraient être les mesures prioritaires à prendre pour que l'Europe redevienne non seulement un marché, mais aussi une grande puissance industrielle ?

 

Les rapports Draghi, Noyer et Letta dressent un constat très clair des défis de compétitivité de l'Europe, et proposent un large éventail de solutions. Ce qui fait défaut aujourd'hui, ce ne sont pas les idées, mais la rapidité et la mise en œuvre dans plusieurs domaines prioritaires. À court terme, l'Europe doit accélérer certains processus clés et rationaliser la réglementation.

Plus fondamentalement, l'Europe  doit adopter une approche intégrée de sa politique industrielle, de l’innovation et de l’énergie : ériger une véritable Union des marchés de capitaux, investir dans des secteurs stratégiques allant des technologies de pointe, à la santé et aux infrastructures, et mobiliser le capital-investissement pour moderniser l’industrie, forger des champions européens et consolider l’autonomie économique.

 

L'intelligence artificielle a-t-elle déjà un impact sur vos opérations, vos marchés et votre activité ? Dans quelle mesure anticipez-vous ses effets futurs sur votre compétitivité (réduction des coûts, gains de productivité, etc.) ?

 

L’intelligence artificielle est déjà pleinement intégrée dans notre activité, à la fois au niveau des fonds et au sein des sociétés de notre portefeuille. Chez PAI, elle occupe désormais une place centrale dans nos processus quotidiens, en particulier lors des phases de due diligence. Notre outil interne d’IA conversationnelle et générative permet à nos équipes d’investissement et au PAI Performance Group d’identifier, d’analyser et de synthétiser très rapidement l’information, ce qui renforce à la fois la rapidité et la profondeur de nos travaux d’analyse.

Au sein des entreprises de notre portefeuille, l’IA s’impose également comme un puissant levier de productivité, d’automatisation et d’expérience client, renforçant la compétitivité et soutenant la transformation de long terme.

 

Comment anticipez-vous l'instabilité politique en France et ses conséquences notamment en matière de fiscalité et de politiques sociales sur vos activités commerciales ?

 

L'incertitude politique est une caractéristique récurrente des démocraties établies, et la France ne fait pas exception. Pour les entreprises, l’essentiel réside dans la stabilité, la prévisibilité et la clarté du cadre d’action – fiscal, social et réglementaire du travail. Comme la plupart des acteurs économiques, nous suivons attentivement ces évolutions et engageons un dialogue constructif avec les décideurs et les parties prenantes lorsque les circonstances l’exigent.

Cela étant dit, la stratégie de PAI repose sur des leaders de marché, dont les leviers de création de valeur sont clairement identifiés et dont la performance s’appuie fondamentalement sur l'excellence opérationnelle et l'exécution stratégique. Notre portefeuille en France et en Europe a déjà prouvé sa résilience et sa capacité d’adaptation aux évolutions, tout au long des cycles économiques.

 

Alors que les fenêtres de sortie des fonds de private equity ne se rouvrent que progressivement et que les conditions de financement deviennent plus exigeantes qu'au cours de la décennie précédente, malgré le début d'un cycle d'assouplissement des taux d'intérêt, comment pensez-vous que ces dernières influenceront les approches d'investissement en 2026 ?

 

Les douze derniers mois ont démontré que, malgré des conditions de sortie toujours exigeantes, le marché reste ouvert aux actifs de grande qualité. PAI a maintenu un pipeline de sorties solide et généré environ 7,1 milliards d'euros de recettes au cours de cette période, avec neuf sorties totales ou partielles réussies – dont les opérations phares Apleona, ECG, Froneri et Infra Group dans le Flagship Fund, ainsi qu’Amplitude Surgical et Uvesco dans le Mid-Market Fund. Un jalon majeur en 2025 a été la levée de 3,6 milliards d’euros et le réinvestissement dans Froneri, aux côtés de notre partenaire Nestlé, via une nouvelle structure actionnariale et l’un des plus importants fonds de continuation mono-actif en Europe.

À l’horizon 2026, les fenêtres de sortie devraient se rouvrir progressivement. Les valorisations devraient converger, en particulier dans l'économie réelle, où les flux de trésorerie sont prévisibles et où acheteurs et vendeurs sont de plus en plus alignés.

Dans ce contexte, nous continuons à privilégier les entreprises résilientes, les transactions primaires et les partenariats stratégiques – y compris les carve-outs –, où les opportunités devraient perdurer. Entreprises, familles et fondateurs recherchent de plus en plus des partenaires capables de moderniser leurs opérations ou de recentrer leurs activités cœur ; PAI excelle dans la création de ce type de valeur.

Parallèlement, l’avantage opérationnel – via l’ESG, le numérique, l’excellence opérationnelle et les talents – s’impose comme un levier décisif pour générer des rendements et se différencier dans les processus concurrentiels.

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