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Vallourec relève la barre de son retour aux actionnaires / Une année 2025 qui s'aligne sur ses prévisions
Vallourec fait preuve de constance. Le spécialiste des tubes sans soudure a clôturé son exercice 2025 sur une rentabilité ascendante, comme anticipé : son résultat brut d’exploitation (RBE), à 214 millions d’euros, a grimpé de 2 % sur les trois derniers mois de l’année 2025, par rapport au trimestre précédent. Il s’affiche ainsi dans le haut de la fourchette prévisionnelle, et traduit une marge d’exploitation de 21 %. « L’année 2025 a réellement marqué la fin de l’exécution de notre plan de redressement et de transformation, avec l’atteinte conjointe de nos deux grands objectifs que nous nous étions fixés en 2022. Le premier, qui était d’être dette nette zéro, l’avait déjà été en 2024 avec un an d’avance. Nous le sommes de nouveau cette année, après avoir retourné 370 millions d’euros à nos actionnaires. Le deuxième était de réduire significativement l’écart de performance avec notre premier concurrent. Et nous signons, pour la troisième année consécutive, une marge supérieure à 20 %, qui est le résultat de notre positionnement privilégiant la valeur aux volumes », se félicite le président-directeur général du groupe, Philippe Guillemot, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.
Sur l’année, le RBE ressort à 819 millions d’euros (contre 832 millions d’euros en 2024), incluant un effet de change négatif de 47 millions d’euros, pour une marge de 20,5 %. La génération de trésorerie globale aura quant à elle été de 177 millions d’euros au quatrième trimestre et 405 millions d'euros sur l'année. La trésorerie nette reste positive après retour aux actionnaires. Partant de ces bases, le sidérurgiste entend ainsi les soigner. Pour mémoire, le groupe ne leur avait, jusqu’à l’année dernière, pas versé de dividende depuis 10 ans. La page de la restructuration étant désormais bien tournée, Vallourec a également accueilli ArcelorMittal à son capital en qualité d’actionnaire de référence en 2024, afin de prendre le relais du fonds Apollo. Ainsi, entre janvier et août 2026, Vallourec vise à retourner à ses actionnaires 650 millions d’euros, incluant une enveloppe de dividendes d’environ 450 millions d’euros ainsi qu’un programme de rachat d’actions. Une somme totale en hausse de 280 millions d’euros par rapport à 2025. « Ce rendement nous positionne dans le peloton de tête du SBF 120 », assure Philippe Guillemot.
En fonction des régions
En matière d’activité, la fin d’année a fait ressortir des tendances géographiques contrastées. Par exemple, l’Amérique du Nord, dont les dynamiques ont été modifiées depuis l’instauration des droits de douane sur l’acier, a vu ses revenus tirés des tubes s’améliorer de 5 % d’un trimestre sur l’autre. Sur un an, en revanche, l’activité trimestrielle a reculé de 12 %. « La baisse des importations des tubes sans soudure se poursuit, ce qui est opportun pour un acteur comme Vallourec, du fait de notre implantation locale aux États-Unis. Les prix n’augmentent pas autant que ce que nous avions pu anticiper, mais cela se produira tôt ou tard », estime Philippe Guillemot. La région représente, pour mémoire, le premier marché de Vallourec. « Cela étant dit, les volumes sont au rendez-vous et nos usines tournent à plein régime », poursuit le patron de l’industriel, qui avait d’ailleurs annoncé un investissement de 48 millions de dollars dans son usine de Youngstown, dans l’Ohio, au mois de novembre.
Dans le reste du monde, des annonces de grands contrats ont aussi été à l’ordre du jour l’année dernière, notamment avec Petrobras au Brésil, pour un potentiel de chiffre d’affaires estimé à 1 milliard de dollars – ce qui se traduira toutefois dans les comptes de la firme plutôt au second semestre de 2026. La dynamique au Moyen-Orient a été au rendez-vous en fin d’année (+ 45 % d’un trimestre sur l’autre), alors que quelques retards de projets avaient été observés dans l’hémisphère Est sur les trois mois précédents. « Il y a effectivement eu un petit ralentissement de l’activité au Moyen-Orient, en lien avec la baisse du prix du baril du pétrole, entraînant nos clients à prendre davantage de temps pour acter leurs investissements. Mais nous sentons que l’année 2026 marquera un rebond », prévient Philippe Guillemot. En tout, le chiffre d’affaires du quatrième trimestre est ressorti à plus d’un milliard d’euros, en baisse de 2 % sur un an, ou en hausse de 4 % à taux de change constants. Sur l’année, à 3,8 milliards d’euros, il a baissé de 6 % et de 1 % à change constants.
Une industrie cyclique
Après un second semestre ayant été supérieur au premier en 2025, le groupe anticipe, sur la base de ses prises de commandes, un chiffre d’affaires qui sera en recul au premier trimestre 2026, par rapport aux trois derniers mois de 2025. « Nous sommes dans une industrie cyclique. Les volumes peuvent augmenter ou baisser, mais nous sommes en capacité d’ajuster notre structure de coûts, ce qui n’était pas le cas auparavant, afin de protéger notre profitabilité », indique Philippe Guillemot. Le RBE du premier trimestre est attendu entre 165 millions et 195 millions d’euros. Les dynamiques de résultats devraient être influencées par un maintien de volumes élevés en Amérique du Nord ainsi qu’une légère baisse des prix de marché à court terme, tandis que le calme observé sur les commandes au second semestre de 2025 dans le reste du monde devrait s’y traduire par une baisse des volumes de vente.
Désormais noté « Investment Grade » par les trois grandes agences de notation, le groupe aborde 2026 avec de nouvelles ambitions. « Nous avons un nouveau plan, à cinq ans, que nous avons partagé avec notre conseil d’administration en 2025. Il repose sur la parfaite maîtrise de la recette de notre succès et mise avant tout sur l’excellence opérationnelle », indique Philippe Guillemot. Au programme, la poursuite de la discipline sur deux points essentiels : la stratégie de valeur, afin de se concentrer sur les solutions à plus forte valeur ajoutée, ainsi que sur le bilan. « L’autre métrique majeure sera celle du retour sur capitaux employés. Nous nous attacherons donc à avoir la base d’actifs la plus juste et à investir de manière ciblée dans nos capacités pour continuer à produire des produits à forte valeur ajoutée dans la durée. Et le retour aux investisseurs restera une priorité », assure Philippe Guillemot.
Accélération dans les nouvelles énergies
En attendant, Vallourec s’attache aussi à préparer son avenir, notamment en diversifiant ses marchés adressables dans les nouvelles énergies. Le groupe a entrepris plusieurs développements dans le captage de CO2, l’hydrogène vert, avec sa solution de stockage désormais homologuée Delphy et un protocole d’accord signé en février avec Baker Hughes, ou encore la géothermie avancée. À fin janvier, le groupe faisait par exemple savoir qu’il s’était accordé avec le groupe XGS pour un partenariat stratégique, portant sur la chaîne d’approvisionnement de projets commerciaux.
Vallourec assurera l’approvisionnement en tubes de l’entreprise, qui commence cette année la construction d’un projet de 150 MW pour Meta, au Nouveau-Mexique. « Tout cela évolue rapidement. Les data centers, par exemple, dont on ne savait pas qu’ils deviendraient aussi importants il y a quelques années, vont se localiser là où l’électricité peut être produite de manière idéalement décarbonée. La géothermie devient donc un sujet de premier plan. Nous y avons toujours été présents, mais grâce à nos savoir-faire acquis dans le domaine du pétrole et gaz, nous avons pu aider des acteurs à développer des solutions qui font baisser le prix du mégawattheure », indique Philippe Guillemot. « Les technologies que nous développons et les marchés sur lesquels nous sommes positionnés nous permettent d’accompagner les changements liés à la transformation énergétique, grâce à des capacités existantes. Cette transformation énergétique connaît différents rythmes selon les énergies, mais elle a bien lieu », poursuit-il.
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