WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Publications, Résultats / tp icap

Publications, Résultats
tp icap

TP ICAP capitalise sur l’essor des marchés OTC et sa diversification / Un modèle désormais plus résilient

TP ICAP a signé en 2025 une nouvelle année de croissance, portée par la vigueur de son activité historique de courtage et par la diversification progressive de son modèle. Entre développement des plateformes électroniques, montée en puissance des données et expansion vers le buy-side, le premier courtier interdealer mondial poursuit la transformation engagée depuis 2021.
Au centre (3e en partant de la gauche), Nicolas Breteau, directeur général de TP ICAP, lors de la présentation des résultats 2025 du groupe, le 12 mars 2026.
Au centre (3e en partant de la gauche), Nicolas Breteau, directeur général de TP ICAP, lors de la présentation des résultats 2025 du groupe, le 12 mars 2026.

« 2025 a été une nouvelle année exceptionnelle pour TP ICAP. » En présentant jeudi les résultats annuels du groupe, Nicolas Breteau, directeur général de TP ICAP, n'a pas manqué de souligner la régularité d’une trajectoire engagée depuis 2021, soit lorsque la stratégie actuelle, fondée notamment sur l’électronification des marchés, l’agrégation de liquidité et la diversification du modèle, a commencé à produire ses effets.

Le premier courtier interdealer (IDB) mondial, présent dans plus de 60 bureaux sur 28 pays, a enregistré en 2025 un chiffre d'affaires record de 2,35 milliards de livres sterling, en hausse de 6 % à taux de change constants, et un EBIT ajusté en progression de 10 % à 348 millions de livres – au-dessus du consensus d'analystes. Depuis quatre ans, ce même indicateur progresse à un rythme moyen de 9 %.

 

Une année forte pour l’activité de courtage

 

Certes, 2025 a offert un terrain porteur : volatilité épisodique, tensions géopolitiques, pic des marchés de change en avril – le trading FX a atteint un niveau record de 9 600 milliards de dollars par jour ce mois-là, selon la BRI. Mais surtout, « cet excellent résultat reflète deux choses : l’exécution efficace de notre stratégie dans l’ensemble de nos grandes franchises et une discipline rigoureuse sur les coûts malgré l’inflation », a poursuivi le dirigeant lors de la présentation aux analystes.

La marge d'EBIT ajustée gagne 50 points de base à 14,8 %, tandis que les coûts de management et de support reculent de 1 % en dépit des pressions inflationnistes et de la hausse des charges sociales au Royaume-Uni.

Le moteur opérationnel reste Global Broking, le métier historique du groupe, qui organise les transactions entre institutions financières sur les marchés de gré à gré et représente 58 % du chiffre d'affaires total. La division a livré une année exceptionnelle : revenus en hausse de 10 % à 1,376 milliard de livres, EBIT ajusté en progression de 19 % à 241 millions, avec une marge qui s'établit à 17,5 %.

 

Un modèle plus diversifié et résilient

 

Mais la direction insiste tout autant sur la transformation progressive du modèle, conduite simultanément sur trois axes. Côté clientèle, le groupe a d’abord étendu sa base du sell-side vers le buy-side, via le rachat de Liquidnet en 2020 (clos en janvier 2021) d'abord, puis Parameta Solutions en 2021 (spin-off et acquisition finalisée fin 2021). Liquidnet connecte directement les investisseurs institutionnels, tandis que Parameta Solutions valorise les données issues des marchés OTC sous forme de services analytiques et d’abonnements. « Ces deux divisions représentent désormais environ 40 % du résultat opérationnel ajusté du groupe », souligne Nicolas Breteau.

Côté produits, la diversification passe par le crédit, segment stratégique où le groupe a accéléré en 2025 avec l'acquisition de Neptune Networks, spécialiste des données de pré-négociation obligataire, connecté à 35 institutions de premier plan. Sur cette base, TP ICAP bâtit une plateforme de crédit pleine gamme intégrant Liquidnet Fixed Income et un nouveau protocole dealer-to-client, AxeMatch, co-détenu par neuf banques d'investissement mondiales. La plateforme ambitionne de connecter acheteurs et vendeurs sur des flux qui n'existaient pas auparavant sous forme électronique.

Liquidnet, de son côté, élargit son offre au-delà des actions vers le crédit, les taux et le change, avec des revenus multi-actifs en hausse de 10 % et une progression de 16 % en Asie-Pacifique. La division affiche un EBIT ajusté de 56 millions de livres en 2025, en hausse de 6 %.

Troisième axe : la géographie. L'Asie-Pacifique est un levier explicite. L'acquisition de Vantage Capital Markets, annoncée en janvier 2026, renforce la présence du groupe en dérivés actions et en fixed income à Hong Kong, Tokyo et Dubaï.

« Cette diversification est importante car elle nous donne davantage de résilience et de prévisibilité tout au long du cycle. », a rappelé jeudi Nicolas Breteau devant les analystes.

 

Cloud, IA et plateformes électroniques

 

Parallèlement, TP ICAP accélère la modernisation de son infrastructure technologique, un chantier que la direction présente comme essentiel pour maintenir son avantage compétitif sur des marchés de plus en plus électroniques. Une part croissante des transactions est désormais exécutée via des plateformes hybrides mêlant courtage traditionnel et outils électroniques, tandis que le groupe poursuit la migration de ses systèmes vers le cloud et développe de nouvelles applications internes. « Nous déployons également l’intelligence artificielle dans l’ensemble du groupe afin d’améliorer notre efficacité et de livrer plus rapidement pour nos clients », explique Nicolas Breteau, évoquant des usages allant de l’automatisation des processus internes à l’analyse de la liquidité sur les marchés.

Ces investissements s'inscrivent dans un programme d'efficacité opérationnelle lancé en 2024, dont les résultats dépassent déjà les attentes : 35 millions de livres d'économies annualisées déjà actionnées à fin 2025, soit 10 millions au-dessus du plan, pour un objectif de 50 millions d'ici 2027.

 

Des vents porteurs malgré le change

 

Pour 2026, le groupe aborde l'exercice avec un vent de face identifié : l'appréciation de la livre sterling face au dollar représente un frein estimé à 9-10 millions de livres sur l'EBIT ajusté, compte tenu de la structure de revenus du groupe, dont environ 60 % sont libellés en dollars. Le consensus d'analystes pour 2026 s'établit à 361 millions de livres d'EBIT ajusté. La direction se dit à l'aise avec cette cible, les conditions de marché restant favorables depuis le début de l'exercice.

Les relais de croissance structurels sont là. Ils tiennent à l’expansion des marchés OTC mondiaux, à la demande soutenue pour les données et l’analytique financière – les dépenses mondiales en données de marché ont atteint 44,3 milliards de dollars en 2024 selon le cabinet Burton-Taylor –, au développement des actifs numériques avec Fusion Digital Assets, qui a traité plus de 2 milliards de dollars de volumes notionnels au seul quatrième trimestre 2025, ainsi qu’à la progression continue de l’électronification.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article