Entreprises / Actions / tp icap
Entreprises / Actions
tp icap
TP ICAP bat des records grâce à la nervosité des marchés / Et vise une percée dans le crédit institutionnel avec Neptune
Dire que l’incertitude macroéconomique du premier semestre a profité à TP ICAP tient de l’euphémisme. Sur fond de tensions géopolitiques persistantes, de volatilité accrue sur les marchés obligataires et de regain d’activité dans le courtage interbancaire, le courtier britannique a signé un premier semestre 2025 record en termes de chiffre d’affaires et de rentabilité. Un environnement propice qui a également permis aux divisions de diversification de poursuivre leur montée en puissance.
Le chiffre d’affaires du groupe a progressé de 9 % à taux de change constants, pour atteindre 1,2 milliard de livres sterling (+7 % en publié). Un rythme jamais atteint depuis la création du groupe. La "Journée de libération" du commerce mondial du président américain Donald Trump, avec ses implications sur l’inflation, les taux et le dollar, a agi comme catalyseur. "Ces annonces ont généré une activité intense sur notre segment Global Broking, les investisseurs ajustant leurs portefeuilles ou cherchant à se couvrir", explique Nicolas Breteau, le directeur général de TP ICAP.
L’intermédiation profite de la volatilité
Métier historique du groupe, l’intermédiation sur les marchés de gré à gré regroupe encore 58 % du chiffre d’affaires total. Cette division Global Broking a vu ses revenus grimper de 12 % à 712 millions de livres. La volatilité des taux et l’incertitude persistante autour des politiques monétaires ont entretenu l’activité sur les produits de taux, toujours première classe d’actifs du groupe. "Les mouvements de taux d’intérêt et de rendements obligataires restent des facteurs clés dans notre activité de courtier sur les taux", rappelle Nicolas Breteau.
La dynamique a en revanche été moins porteuse pour la division Energy & Commodities, deuxième contributeur aux revenus. Ces derniers ont reculé de 2 % à 238 millions de livres, malgré un contexte géopolitique a priori favorable. Si la flambée des prix du pétrole consécutive au conflit au Moyen-Orient a temporairement stimulé l’activité, le reflux rapide des cours et l’hétérogénéité des volumes ont pesé. À cela s’ajoute une concurrence renforcée sur certains segments, notamment le pétrole et l’électricité, avec un marché européen OTC (de gré à gré) plus modéré.
Liquidnet accélère sur les actions et la diversification
De son côté, Liquidnet, la plateforme de trading électronique du groupe, a poursuivi sa trajectoire ascendante. Son chiffre d’affaires a progressé de 15 %, porté à la fois par les activités traditionnelles en actions (+6 %) et par la forte croissance de son offre multi-actifs (+29 %). Le double moteur — renforcement du cœur de métier et diversification — fonctionne à plein régime.
Sur les actions, les revenus issus du trading algorithmique ont crû de 22 %, ceux du trading programme et du high-touch (exécution manuelle par trader) de 15 %. Les clients exploitent désormais les deux modes d'accès à la liquidité. En parallèle, Liquidnet élargit son périmètre à d'autres classes d’actifs (dérivés actions, taux, FX…), via une offre d’intermédiation multi-actifs en mode agence, sans prise de risque propre. Une stratégie payante.
Des revenus récurrents solides pour la division data
Autre relais de croissance, la division Parameta Solutions, lancée en 2021 pour monétiser les données issues des activités de courtage, a vu son chiffre d’affaires progresser de 5 % à 100 millions de livres. Son profil reste particulièrement récurrent : 98 % des revenus sont fondés sur des abonnements, et l’indicateur de revenus récurrents annuels (ARR), qui reflète la base d’abonnements en cours, s’inscrit lui aussi en hausse de 5 %.
La division a volontairement modéré ses hausses tarifaires cette année, dans un contexte de cycles de vente plus longs. Mais la demande structurelle reste intacte : "La croissance des dépenses mondiales en données de marché, qui ont atteint 44,3 Md$ en 2024, soutient pleinement la stratégie de développement de Parameta", souligne le groupe. Sur le semestre, la génération de leads commerciaux a été multipliée par dix par rapport à l’ensemble de l’année 2024.
Profits records et maîtrise des coûts
La progression des profits a été à la hauteur de la dynamique commerciale. Le groupe signe à cette occasion le meilleur résultat opérationnel semestriel de son histoire, avec un EBIT ajusté de 184 millions de livres, en hausse de 10 %, et une marge de 15 %. L’EBIT publié progresse de 7 % à 140 millions. Global Broking en reste le principal contributeur, avec 131 millions de livres (+19 %), mais c’est Liquidnet qui enregistre la plus forte croissance, son résultat ayant bondi de 38 % à 33 millions grâce à un fort effet de levier opérationnel
Dans le même temps, les charges de support n’ont crû que de 2,9 %, en deçà de l’inflation britannique. Le programme d’efficience vise toujours 25 millions de livres d’économies en 2025 et au moins 50 millions d’ici 2027. "La discipline financière reste une priorité", insiste Nicolas Breteau. Le groupe a également poursuivi l’optimisation de son bilan, en rachetant plus de 90 % de son obligation 2026 pour 231 millions de livres, et en plaçant une nouvelle émission 2032 de 250 millions, sursouscrite près de quatre fois.
Pour la seconde moitié de l’année, TP ICAP s’attend à une volatilité toujours soutenue. "Les tensions géopolitiques persistantes – notamment les incertitudes sur les politiques commerciales, l’inflation, et les futures décisions de politique monétaire – devraient continuer d’alimenter l’activité au second semestre 2025."
Neptune, nouveau levier stratégique sur le crédit institutionnel
Un nouveau chantier stratégique majeur va structurer les mois à venir, avec la récente acquisition de Neptune Networks, une plateforme de données obligataires jusque-là détenue par neuf grandes banques d’investissement. Ces établissements, qui détiendront collectivement 30 % du projet commun, accompagneront son intégration à l’écosystème Liquidnet afin de constituer une offre complète sur le marché du crédit institutionnel, en associant données et capacités d’exécution. "En combinant les solutions très complémentaires de Neptune et de Liquidnet, nous sommes en position unique pour proposer une alternative compétitive aux solutions actuelles de données et d’exécution", explique Nicolas Breteau.
En toile de fond, la transformation technologique du groupe continue de s’accélérer. Le partenariat stratégique avec Amazon Web Services permet de franchir de nouveaux jalons : 27 environnements informatiques ont déjà migré vers le cloud à Londres, New York et Sydney, avec un objectif de 80 % d’ici fin 2026. La plateforme Fusion, en cours d’extension, gagne en connectivité et en automatisation. Quant à l’intelligence artificielle générative, son déploiement s’intensifie : plus de 50 000 lignes de code ont déjà été produites via Amazon Q Developer, utilisé par 350 développeurs du groupe.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

