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Macro-économie / Taux / Banque Mondiale / Investissements

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Banque Mondiale / Investissements

2026 restera l’année de la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation / La Banque mondiale dégaine ses instruments

Trois années de baisse balayées en quelques mois. Voici que le rapport Commodity Markets Outlook publié par le groupe de la Banque mondiale établit que les prix de l’énergie ont largement effacé cette diminution en 2026. Ils vont grimper de près de 32 % cette année et tirer avec eux les prix des produits de base - attendus en progression de 23 %. De quoi faire réagir la Banque mondiale, laquelle va mettre à disposition entre 50 et 60 milliards de dollars via ses instruments existants.
29/10/2026 - 09:00
Moisson. Photo by David GRAY / AFP
Moisson. Photo by David GRAY / AFP

Un ralentissement qui se fait attendre. La progression des prix des produits de base est pour le moins fulgurante cette année, en grande partie en raison des affrontements au Moyen-Orient. Ces derniers ont profondément perturbé l’équilibre sur ce marché bien particulier et propulseraient le baril de Brent en moyenne à 91 dollars en 2026, là où il était à 69 dollars en 2025, et ce avant qu’il ne retombe à 79 dollars en 2027. La séquence décrite par la Banque mondiale prévoit bien une baisse en 2027, tant des prix de l’énergie que de ceux des produits de base.

Malheureusement pour l’heure, ce repli attendu ne suffirait pas à compenser l’explosion des différents cours cette année. La diminution de 7 % en 2027 étant bien ténue rapportée à la progression de 23 % anticipée pour cette année. Les données semblent indiquer que ce sont les produits alimentaires de base qui empêcheraient ce reflux, étant donné qu’elles montrent que ces prix « devraient augmenter d’environ 10 % en 2026, puis de 7 % encore en 2027, soit une hausse cumulée de 18 %, alors que les conflits perturbent les expéditions de céréales, qu’El Niño menace les récoltes et que les prix élevés des carburants et des engrais grèvent les coûts agricoles. »

 

Agir

 

Là où le choc énergétique pourrait s’estomper en quelques mois, en cas d’évolutions géopolitiques favorables, la situation n’est donc pas la même en ce qui concerne d’autres moteurs alimentant la hausse des cours. Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives, expliquant qu’en effet « les marchés des produits de base sont frappés par plusieurs chocs majeurs à la fois. » Il s’inquiète de cette « hausse des coûts de l’énergie et de perturbations commerciales [qui] font grimper les prix d’un large éventail de produits de base, menaçant d’aggraver l’inflation, l’insécurité alimentaire et la croissance économique. »

La réponse de l’institution est essentiellement tournée vers les plus démunis ainsi que « les pays à faible revenu déjà aux prises avec un lourd endettement. » Ce qui se traduit par la mise à disposition de 50 à 60 milliards de dollars via les instruments existants du Groupe de la Banque mondiale. Une somme dont 25 milliards de dollars prendront la forme de financements préétablis. Leur usage est pensé afin tant de soutenir les filets de protection sociale, que de renforcer les capacités budgétaires ou bien fournir des fonds de roulement et des liquidités aux entreprises et aux exploitations agricoles. Les équipes de l’institution soulignent également qu’elles comptent bien parvenir à mobiliser des capitaux privés en complément de l’usage de ses propres fonds.

 

Décrypter

 

Chacune des composantes des prix des produits de base fait l’objet d’une attention particulière afin de comprendre la façon dont les variations des unes affectent les autres. Cette interdépendance des marchés des produits de base permet de voir à quel point les chocs sur les prix de certains produits se répercutent et il s’avère que les « métaux industriels sont, en moyenne, ceux qui transmettent le plus de volatilité aux autres groupes de produits, même si l’influence du prix du pétrole s’est nettement accrue après le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. »

La période actuelle est néanmoins atypique puisque du côté de la Banque mondiale, on soutient que « les prix des produits de base évoluent de façon plus étroitement liée en période de tensions économiques ou de tensions sur les marchés, ce que l’on observe notamment depuis le début du conflit actuel au Moyen-Orient. »

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