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Brexit : les entreprises françaises doivent-elles s'inquiéter ?
Les britanniques sortent de l’Europe, c’est désormais quasiment acté. Nos fleurons nationaux doivent-ils se faire du mouron ? Du coté des anglais, Carolyn Fairbairn, directrice générale de la Confédération des industries britanniques (CBI), principale organisation patronale britannique estime que « de nombreuses entreprises seront inquiètes et auront besoin de temps pour évaluer les implications (…) La priorité urgente désormais est de rassurer les marchés. Nous avons besoin d'un leadership solide de la part du gouvernement, qui doit travailler avec la banque d'Angleterre, pour consolider la confiance et la stabilité de l'économie ». Du coté des français, le Medef a annoncé qu'il ferait « tout ce qui est possible» pour que les entreprises hexagonales ne subissent pas les effets négatifs de la victoire du Brexit au Royaume-Uni.
Le « S'il vous plait, amis britanniques remain! » des 34 patrons français publié il y a quelques jours n’aura donc pas suffi. Désormais ils regardent tous avec beaucoup de circonspection cette nouvelle donne européenne même s'ils se montrent dans l'immédiat plutôt rassurants. Ainsi pour Maurice Levy, président de Publicis, son groupe ne devrait pas être impacté par la décision des Britanniques. Même discours chez Engie, qui assure que le Brexit ne l'empêchera pas de développer ses activités outre-Manche comme prévu. La décision des Britanniques « ne change pas notre vision du marché » local. Même angle chez Veolia, qui « continuera d'investir » au Royaume-Uni. Sodexo a par ailleurs estimé que le Brexit ne devrait pas avoir d'impact «majeur et direct » sur ses activités au Royaume-Uni. Même son de cloche chez EDF qui estime « que ce vote n'a pas d'impact sur notre stratégie, et celle (...) pour notre filiale britannique n'est pas modifiée » a assuré Jean-Bernard Lévy son président. « Notre stratégie d'entreprise n'est pas liée à l'appartenance politique de la Grande-Bretagne à l'Union européenne, donc nous n'avons pas de raison de changer cette politique » a-t-il ajouté. Enfin, PSA, même s’il n'est pas présent outre-Manche étudie un « réajustement » de ses tarifs, le Brexit pouvant impacter négativement les ventes de véhicules. Elior, dont le développement au Royaume-Uni et aux Etats-Unis est au coeur du plan de croissance 2020, voit même des opportunités dans le Brexit. "Notre objectif est de signer au moins un deal avant la fin de l'année, un en Grande-Bretagne et un aux Etats-Unis. C'est faisable", a annoncé à Reuters le PDG du groupe de restauration collective.
Ailleurs, les réactions ne se sont pas faites attendre. Airbus a annoncé qu’il travaillait de manière constructive avec le gouvernement du Royaume-Uni « afin de minimiser tout impact sur nos opérations ». Pourtant il y a deux jours, le groupe estimait que la coopération militaire entre les Etats européens et le Royaume-Uni ne serait pas préservée en cas de Brexit. Marwan Lahoud, directeur général précisait même que pour un groupe comme Airbus, le Royaume-Uni était fondamental, citant un ancien ambassadeur du Royaume-Uni à Paris : « Airbus sans le Royaume-Uni ce ne serait qu'un bus ». Toyota de son côté a indiqué qu’il allait voir comment il pouvait « maintenir sa compétitivité et assurer une croissance durable ».
La sortie de la Grande-Bretagne pourrait aussi avoir un impact sur les opérations en cours. Là encore, les discours se veulent rassurants. Ainsi, la fusion Deutsche Börse / LSE n’est pas remise en cause, ont déclaré ce matin les deux groupes, mais la décision finale ne pourra de toute façon pas être prise avant l’assemblée générale de LSE qui se tient le 4 juillet prochain et celle de Deutsche Börse du 12 juillet. Autre dossier impliquant une fusion transfrontalière, le rapprochement du français Technip et de l'américain FMC Technologies, qui prévoit de domicilier la future société à Londres. Les deux précisent qu’il n’y a aucune raison que le Brexit ait un impact sur l’installation de ce nouveau siège. « Le choix d'installer à Londres le siège juridique de la nouvelle société est un choix naturel » a ainsi précisé le groupe.Enfin, les financières, très chahutées en Bourse n’ont pas tardé à prendre la parole afin de rassurer au maximum. Axa indique qu'il maintenait ses activités au Royaume-Uni et qu'il confirmait dans le même temps les objectifs financiers de son nouveau plan stratégique. Société Générale quant à elle a réaffirmé son attachement à Londres : « Londres restera une grande place financière internationale, Société générale poursuivra son développement au Royaume-Uni », écrit dans un communiqué l'établissement bancaire. De son coté, BNP Paribas estime son « exposition au Royaume-Uni limitée (6% des engagements commerciaux et 2,5% du résultat d'exploitation) et un business model diversifié. Enfin, JP Morgan a souligné que « nous aurons peut-être besoin d'apporter des changements à la structure de notre entité légale européenne et à la localisation de certains emplois ».
Mais déjà, les campagnes de séduction des Etats Membres sont à l’œuvre pour accueillir les « exilés » de la Grande-Bretagne. A commencer par Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France qui a assuré ce matin que l’IDF était « prête à accueillir » les entreprises souhaitant rester dans l'UE, et à devenir « le nouveau Londres ». « La bataille des métropoles est lancée » a-t-elle insisté.
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