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Indicateurs macros
Indicateurs macros
L'industrie manufacturière chinoise au plus bas depuis six ans
Voilà encore un indicateur qui devrait renforcer l’inquiétude des investisseurs quant aux perspectives de croissance de la Chine : selon l’enquête Caixin Markit, l’indice manufacturier du pays s’est replié à 47 ce mois-ci contre 47,3 en août, soit un plus bas depuis 6 ans et demi, et alors que le consensus tablait plutôt sur un niveau de 47,5 en septembre. Sachant que toutes les composantes de l’indice, des carnets de commandes à l’emploi, ont montré des signes de détérioration.
Cette enquête Markit était très attendue des investisseurs puisqu’elle provient d’une source privée, jugée plus fiable que les statistiques publiées par le parti chinois, qui sont depuis quelques mois remises en cause. Ainsi, alors que les autorités du pays estiment que leur croissance devrait atteindre 7% cette année, les analystes soulignent que cet objectif sera très difficilement atteignable : « les trois composantes du calcul du PIB réel que sont les investissements, les exportations nettes et la consommation enregistrent un ralentissement plus rapide que prévu » expliquent ainsi les stratégistes d’Amundi. « Le potentiel de baisse est difficile à évaluer en raison de l’inexactitude des données. Toutefois, une estimation à partir de la croissance des revenus fiscaux (environ 1/3 du PIB) laisse augurer une hausse du PIB réel nettement inférieure à l’objectif », poursuivent les analystes.
La banque centrale chinoise a cependant encore beaucoup d’instruments à disposition pour contrer un ralentissement trop important de son économie, une monnaie en dépréciation et des marchés actions en forte baisse : elle devrait ainsi poursuivre sa politique accommodante en 2015 et 2016, même si elle ne devrait dévaluer le yuan qu’en dernier recours. Elle pourrait en revanche réduire de nouveau son taux de réserves obligatoires et instaurer un contrôle des capitaux pour lutter contre la fuite des capitaux, qui a atteint près de 90 milliards de dollar en juillet et 70 milliards en août.
Le président chinois Xi Jinping a répété hier soir qu’il était opposé à une guerre des devises et qu’il n’envisageait pas de dévaluer indéfiniment le yuan pour soutenir les exportations du pays. Sa décision du mois d’août de changer le mode de fixing de la devise, si elle a entraîné une dévaluation de plus de 4% du renminbi, n’était donc a priori pas destinée à booster les ventes à l’étranger, estiment la majorité des analystes. « L’objectif des autorités était plutôt de répondre à la demande du FMI de libéraliser le système de change en Chine, afin de favoriser l’entrée de la devise dans les DST (droits de tirage spéciaux) », explique ainsi William De Vijlder, Chef Economiste du Groupe BNP Paribas. Selon Amundi également, les dévaluations n’offriraient qu’un répit limité au pays car leur multiplication étoufferait les entreprises dont les dettes sont libellées en dollars et ouvrirait une guerre des changes inutile en contrepartie de gains de productivité modestes en comparaison. La croissance chinoise dépendra donc en grande partie de la coopération des autres grandes puissances, estiment encore les stratégistes d’Amundi : « c’est au tour des Etats-Unis et de l’Europe de soutenir la Chine ou d’entrer dans la déflation », concluent-ils. La seule option est que la Chine se décharge d’une partie de son ajustement sur les voisins.
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