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BPCE parachève son offensive portugaise / L’accord signé avec l’État et le Fonds de résolution lui ouvre 100 % du capital de Novo Banco
L’accord signé mercredi à Lisbonne marque une nouvelle étape décisive pour BPCE. Quatre mois après avoir finalisé l’achat de 75 % de Novo Banco auprès du fonds américain Lone Star, le groupe mutualiste français a annoncé la signature d’un accord avec l’État portugais et le Fonds de résolution bancaire en vue d’acquérir leurs participations minoritaires, soit les 25 % restants du capital de la banque. En rachetant ces parts pour un montant total d’environ 1,6 milliard d’euros, BPCE deviendra l’unique actionnaire de la quatrième banque du pays. Ce rachat des participations publiques figurait déjà dans le protocole d’accord signé en juin, qui prévoyait des discussions ultérieures avec les autorités portugaises pour finaliser la prise de contrôle intégrale.
"Nous franchissons une étape très importante de notre stratégie de développement en Europe", a déclaré Nicolas Namias, président du directoire du groupe, en saluant des discussions "empreintes de confiance et de respect mutuel". L’opération, la plus importante acquisition transfrontalière bancaire en zone euro depuis plus de dix ans, illustre la volonté de BPCE d’ancrer son projet Vision 2030 dans une logique de croissance équilibrée, à la fois domestique et européenne. À l’issue de la transaction, prévue pour le premier semestre 2026, le Portugal deviendra son deuxième marché retail derrière la France.
Le profil de Novo Banco, redressé après des années de restructuration, explique largement cet appétit. Détentrice d’environ 9 % de part de marché chez les particuliers et 14 % chez les entreprises, la banque revendique aujourd’hui une rentabilité parmi les plus élevées d’Europe, avec un coefficient d’exploitation inférieur à 35 % et un retour sur fonds propres tangible supérieur à 20 %. Pour BPCE, l’enjeu dépasse la seule logique de taille : il s’agit de s’adosser à une franchise solide, à la culture de service digital déjà avancée, dans une économie portugaise jugée résiliente et bien positionnée dans la zone euro.
L’État portugais voit également dans cette opération la conclusion d’un long cycle. "Avec cette cession au Groupe BPCE, nous clôturons ce cycle avec la conviction que le Portugal franchit à nouveau une étape importante de son histoire, en faisant preuve de crédibilité et de confiance dans son système financier", a déclaré le ministre des Finances Joaquim Miranda Sarmento.
L’acquisition parachève un mouvement entamé de longue date par le groupe mutualiste, déjà implanté à Porto depuis 2017 avec un centre d’expertise de 3 000 collaborateurs. En intégrant Novo Banco, BPCE atteindra plus de 7 000 salariés dans le pays. Au-delà du symbole, l’enjeu est stratégique : consolider une base européenne plus diversifiée, renforcer la présence du groupe sur un marché bancaire dynamique et, à terme, faire du Portugal un véritable laboratoire de synergies commerciales et technologiques au service du développement du groupe.
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