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Alstom : le dossier qui fâche
Le dossier fait tâche alors, que même si le nom des candidats à la présidentielle de 2017 ne sont pas officialisés, les joutes politiques s’intensifient depuis plusieurs mois. En annonçant la semaine dernière le transfert d'ici à la fin 2018 de la production de trains et du bureau d'études de Belfort vers son site alsacien de Reichshoffen, tout en précisant que les 400 salariés concernés sur les 480 de Belfort, se verraient proposer un reclassement, Alstom a déclenché l’ire de tout le monde. Des salariés concernés, bien logiquement, mais aussi des membres du gouvernement actuel qui pensaient pourtant avoir suffisamment ficelé le dossier lors de la vente de l’activité énergie à l’américain GE pour ne pas avoir à subir un tel affront. Pour être sûr d’avoir son mot à dire, l’Etat a notamment fait un savant tour de passe-passe pour s’octroyer 20% des droits de vote d’Alstom sans bourse délier, puisqu’il s’est juste arrangé avec Bouygues (actionnaire à hauteur de 28%) pour se faire prêter les titres, montage d’ailleurs contesté en justice.
Mais ce stratagème imaginé par Arnaud Montebourg lorsqu’il était encore ministre de l’Economie n’a manifestement pas été très efficace puisque le groupe français annonce aujourd’hui un très lourd plan de restructuration, faute de commandes. D’où l’empressement du président François Hollande et de tout l’état-major gouvernemental à monter au créneau y allant tous de leur petite phrase pour dénoncer cette décision et affirmer que le site de Belfort peut et doit survivre.
Mais comme dans le cas Florange, ou plus récemment de SFR qui, malgré les promesses des repreneurs, vient d’annoncer un lourd plan de départs, la réalité industrielle et financière vient toujours rattraper les beaux discours. Et dans le cas d’Alstom à Belfort, la société, depuis qu’elle s'est recentrée sur la seule construction de matériel ferroviaire est confrontée à une chute des commandes face à une redoutable concurrence. D’où la volonté des pouvoirs publics d’interagir plutôt auprès des donneurs d’ordres que des financiers. De toute façon, il est hors de question que l’Etat accroisse sa participation au capital d’Alstom, action qui ne servirait de toute façon à rien. En revanche, il est effectivement plus astucieux de pousser la RATP ou la SNCF à booster leurs commandes. Rappelons que Vallourec a récemment trouvé un accord avec le Français Ascométal pour prendre le contrôle de son aciérie de Saint Saulve après plus d’un an d’âpres négociations où la piste de la fermeture et du licenciement de 320 personnes avaient notamment été évoquée. Mais une solution apparemment solide a finalement été trouvée avec cette ancienne filiale d’Usinor passée entre les mains de Franck Supplisson, associé à des investisseurs français et européens. Là encore, le dossier était sensible, et plus particulièrement scruté depuis que Bpifrance, établissement public, a pris 15% du fabricant de tubes aux côtés du japonais Nippon Steel pour un total de 1 milliard d’euros.
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