WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Actualité des sociétés

Entreprises / Actions
Actualité des sociétés

Après Valeo, bpifrance pourrait-il céder d’autres grands noms de la cote?

La Banque Publique d’Investissement a vendu 2,5% de Valeo, l’équipementier automobile que le FSI avait secouru en février 2009. Cette très belle opération pourrait préfigurer d’autres cessions et rotations de son portefeuille coté.
bpifrance logo
bpifrance logo

L’opération est symbolique : bpifrance vient de céder 2,5% de Valeo, la première entreprise cotée dans laquelle avait investi le tout jeune Fonds Stratégique d’Investissement, début 2009. A l’époque, l’équipementier automobile subissait de plein fouet la crise et le FSI avait pris, outre les 6% déjà détenus par la CDC, 2,35% du capital pour 19 millions d’euros. Cinq ans plus tard, il vend 2,5% pour 200 millions d’euros, soit dix fois plus cher ! Une opération particulièrement juteuse et au timing impeccable, alors que le cours de Bourse atteint des sommets historiques à près de 100 euros. Et qui montre bien que l’Etat actionnaire entend aussi tirer profit de son interventionnisme auprès des entreprises françaises cotées.

A l’image de Valeo, bpifrance pourrait-il se pencher sur la cession d’autres importants actifs cotés ? La plus grosse plus-value latente de son portefeuille est pour l’instant sur Gemalto, la star des cartes à puce dans laquelle le FSI avait racheté 8% à TPG Capital pour 160 millions d’euros, en mai 2009. Valorisation à l’époque : 2 milliards d’euros, contre 7 milliards aujourdhui. Mais bpifrance reste le premier actionnaire de cet actif hautement stratégique, notamment pour l’avènement du paiement mobile. Par ailleurs, Bpifrance détient, par héritage de longue date de la CDC, 3,7% d’Ubisoft, dont le cours a plus que doublé depuis son IPO en 1999 à 12 euros, même s’il est loin de ses records de 35 euros en 2008. Mais la famille Guillemot, avec seulement 10% des parts, est déjà devancée par Fidelity (11%), suivi d’autres fonds comme BlackRock et Invesco. Eutelsat, ensuite, est un autre beau joyau : le FSI avait racheté 25,5% du fabricant de satellites auprès d’Eurazeo pour une valorisation de 3,2 milliards d’euros, alors qu’il tutoie aujourd’hui les 5 milliards d’euros. Mais le fonds chinois CIC, avec 7% du capital, et Abertis (5%) restent tapis dans l’ombre, d’où l’importance de rester vigilants.

D’autres dossiers semblent moins sensibles. Ainsi, alors que la CDC avait 2,6% du groupe de services pétroliers Technip, le FSI a acheté 2,4% en septembre 2009 pour quelque 90 millions d’euros. Soit une valorisation de 3,7 milliards d’euros, alors que le groupe pointe à près de 8 milliards de capitalisation boursière désormais ! Certes, de nombreux fonds sont au capital (CRMC, BlackRock, Oppenheimer), mais une cession partielle des titres Technip semble pouvoir être envisagée sans sueurs froides. En outre, bpifrance a récupéré une participation de 3,6% de la CDC dans Schendier Electric. Le mastodonte des équipements électriques, qui pèse plus de 36 milliards d’euros en Bourse, ne fait pas l’objet de menaces d’intérêts étrangers et a vu son cours tripler depuis son point bas atteint fin 2009.

Bpifrance connaît également des situations difficiles sur certaines de ses lignes. Si l’on exclut les situations types de restructuration comme Alcatel-Lucent ou Sequana , plusieurs lignes sont aujourd’hui largement dans le rouge : celle de CGG (ex Géophysique), dans lequel le FSI avait pris 6% pour 170 millions d’euros en juin 2010, quand le groupe valait 2,8 milliards d’euros alors qu'il est passé sous la barre des 2 milliards d’euros en Bourse. La Caisse des Dépôts avait également voulu signer la paix des braves avec l’espagnol Sacyr sur Eiffage, dont il a repris 20% en avril 2008 aux côtés d’autres investisseurs français, sur la base d’un cours de Bourse de 62 euros. Bien mal lui en a pris, puisque l’effondrement de la construction a fait dévisser l’action depuis, et s’échange à 52 euros. Enfin, bpifrance a récupéré un boulet avec Eramet, racheté à grands frais à Areva en décembre 2011, alors que le cours atteignait encore 90 euros. Depuis, la chute du cours du nickel a précipité celle du groupe emmené par Patrick Buffet, et l’action vaut 20 euros de moins.

Si bpifrance devra faire le dos rond sur ces sujets sensibles et a montré ses ambitions dans les ETI non cotées, dont il va tripler l’enveloppe cette année, Nicolas Dufourcq n’en oublie pas les entreprises cotées, où les investissements vont doubler. En espérant que les pépites françaises du non coté deviennent aussi de grandes stars de la Bourse, comme Criteo…. Mais en France. 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article