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Actualité des sociétés
Après Valeo, bpifrance pourrait-il céder d’autres grands noms de la cote?
L’opération
est symbolique : bpifrance vient de céder 2,5% de Valeo, la première
entreprise cotée dans laquelle avait investi le tout jeune Fonds Stratégique d’Investissement,
début 2009. A l’époque, l’équipementier automobile subissait de plein fouet la
crise et le FSI avait pris, outre les 6% déjà détenus par la CDC, 2,35% du
capital pour 19 millions d’euros. Cinq ans plus tard, il vend 2,5% pour 200
millions d’euros, soit dix fois plus cher ! Une opération particulièrement
juteuse et au timing impeccable, alors que le cours de Bourse atteint des
sommets historiques à près de 100 euros. Et qui montre bien que l’Etat
actionnaire entend aussi tirer profit de son interventionnisme auprès des
entreprises françaises cotées.
A l’image de
Valeo, bpifrance pourrait-il se pencher sur la cession d’autres importants
actifs cotés ? La plus grosse plus-value latente de son portefeuille est
pour l’instant sur Gemalto, la star des cartes à puce dans laquelle le FSI
avait racheté 8% à TPG Capital pour 160 millions d’euros, en mai 2009.
Valorisation à l’époque : 2 milliards d’euros, contre 7 milliards
aujourdhui. Mais bpifrance reste le premier actionnaire de cet actif hautement
stratégique, notamment pour l’avènement du paiement mobile. Par ailleurs, Bpifrance
détient, par héritage de longue date de la CDC, 3,7% d’Ubisoft, dont le cours a
plus que doublé depuis son IPO en 1999 à 12 euros, même s’il est loin de ses records
de 35 euros en 2008. Mais la famille Guillemot, avec seulement 10% des parts,
est déjà devancée par Fidelity (11%), suivi d’autres fonds comme BlackRock et
Invesco. Eutelsat, ensuite, est un autre beau joyau : le FSI avait racheté
25,5% du fabricant de satellites auprès d’Eurazeo pour une valorisation de 3,2
milliards d’euros, alors qu’il tutoie aujourd’hui les 5 milliards d’euros. Mais
le fonds chinois CIC, avec 7% du capital, et Abertis (5%) restent tapis dans l’ombre,
d’où l’importance de rester vigilants.
D’autres
dossiers semblent moins sensibles. Ainsi, alors que la CDC avait
2,6% du groupe de services pétroliers Technip, le FSI a acheté 2,4% en
septembre 2009 pour quelque 90 millions d’euros. Soit une valorisation de 3,7
milliards d’euros, alors que le groupe pointe à près de 8 milliards de
capitalisation boursière désormais ! Certes, de nombreux fonds sont au
capital (CRMC, BlackRock, Oppenheimer), mais une cession partielle des titres
Technip semble pouvoir être envisagée sans sueurs froides. En outre, bpifrance
a récupéré une participation de 3,6% de la CDC dans Schendier Electric. Le mastodonte des équipements électriques, qui pèse plus de 36 milliards d’euros
en Bourse, ne fait pas l’objet de menaces d’intérêts étrangers et a vu son
cours tripler depuis son point bas atteint fin 2009.
Bpifrance
connaît également des situations difficiles sur certaines de ses lignes. Si l’on
exclut les situations types de restructuration comme Alcatel-Lucent ou Sequana ,
plusieurs lignes sont aujourd’hui largement dans le rouge : celle de CGG
(ex Géophysique), dans lequel le FSI avait pris 6% pour 170 millions d’euros en juin
2010, quand le groupe valait 2,8 milliards d’euros alors qu'il est
passé sous la barre des 2 milliards d’euros en Bourse. La Caisse des Dépôts
avait également voulu signer la paix des braves avec l’espagnol Sacyr sur Eiffage,
dont il a repris 20% en avril 2008 aux côtés d’autres investisseurs français,
sur la base d’un cours de Bourse de 62 euros. Bien mal lui en a pris, puisque l’effondrement
de la construction a fait dévisser l’action depuis, et s’échange à 52 euros.
Enfin, bpifrance a récupéré un boulet avec Eramet, racheté à grands frais à
Areva en décembre 2011, alors que le cours atteignait encore 90 euros. Depuis,
la chute du cours du nickel a précipité celle du groupe emmené par Patrick
Buffet, et l’action vaut 20 euros de moins.
Si bpifrance
devra faire le dos rond sur ces sujets sensibles et a montré ses ambitions dans
les ETI non cotées, dont il va tripler l’enveloppe cette année, Nicolas
Dufourcq n’en oublie pas les entreprises cotées, où les investissements vont
doubler. En espérant que les pépites françaises du non coté deviennent aussi de
grandes stars de la Bourse, comme Criteo…. Mais en France.
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