Entreprises / Actions / Actualité des sociétés
Entreprises / Actions
Actualité des sociétés
Flop en perspective pour l’IPO de King
King Digital Entertainment, l’éditeur de jeux vidéos sur mobile à l’origine du succès de Candy Crush (un jeu téléchargé plus de 500 millions de fois), a annoncé mardi son intention d'entrer à la bourse de New York. L’entreprise a déposé une demande auprès de l'autorité boursière américaine, la SEC. Le formulaire F1 (pré-IPO) dévoile les ambitions de King, qui table sur une valorisation de 5,5 milliards de dollars et une levée de fonds de 500 millions de dollars.
Il faut dire que les chiffres jouent en faveur de l’éditeur. Avec 528 millions de dollars de bénéfices et un taux de marge supérieur à 30%, King semble parfaitement maîtriser son business model. Mieux, l’entreprise peut se targuer d’avoir très bien négocié les deux tendances lourdes du jeu vidéo : le mobile et les réseaux sociaux. D’une part, les jeux de King sont installés sur un smartphone sur six dans le monde ; d’autre part, trois des dix jeux les plus joués sur Facebook dans le monde sont édités par King.
Cela suffira-t-il à convaincre les investisseurs ? Rien
n’est moins sûr. Des sources proches du dossier affirment que l’éditeur
souhaitait s’introduire dès la fin de l’année 2013, mais ses ardeurs auraient
été calmées par le peu d’intérêt manifesté par les investisseurs potentiels.
Ces derniers doutent de la capacité de la firme à maintenir une telle
profitabilité, et même un tel chiffre d’affaires (1,8 milliard de dollars en 2013). A l’heure actuelle, le titre
phare de l’éditeur (Candy Crush) générerait à lui seul près de 70% de l’activité
du groupe. Une situation qui rappelle aux investisseurs le désastre de l’introduction
de Zynga un autre éditeur porté par le succès d’un seul jeu intitulé "Farmville". Lors de l’introduction en 2011, le titre avait perdu 75% en
quelques semaines et vaut toujours 50% de moins que son prix d'entrée. Pour Sam Hamadeh, fondateur du cabinet d’analyse
PrivCo, "les investisseurs ont encore en tête le fiasco Zynga […] et c’est
l’IPO de King qui en fait les frais".
Dans ce cadre, King
aurait décidé de repousser son IPO à une date indéterminée et tente par tous
les moyens de répliquer le succès de son titre phare. Des bonnes nouvelles,
notamment du côté de son dernier jeu « Papa Pear Saga » dont les
chiffres de téléchargement seront bientôt rendus publics, ont sans doute
accéléré le calendrier et poussé King à dévoiler son document de base.
Côté teneurs de
livres, aucune surprise ; le groupe a mandaté JP Morgan, Crédit Suisse et
BofA Merrill Lynch comme chefs de file. Barclays, Deutsche Bank et RBC Capital Markets
superviseront également l’opération.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

