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Nicox tentée par les sirènes du Nasdaq

Le patron de la Biotech estime que son action n'est pas correctement valorisée à Paris. Le secteur fait de moins en moins rêver les investisseurs européens alors qu'aux Etats-Unis, ces entreprises n'ont aucun mal à trouver preneurs.
biiotech
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Hormis les Etats-Unis, point de salut ? Cet aphorisme un peu lapidaire semble pourtant trouver toujours plus d’adeptes Hexagonaux ces derniers temps. Non pas dans l’optique d’aller s’expatrier de l’autre côté de l’Atlantique pour y travailler, mais plutôt avec l’intention de mettre en Bourse leur entreprise. Les entrepreneurs français n’ont effectivement plus de scrupules à aller frapper à la porte du Nyse ou du Nasdaq. C’est ce que l’on a vu avec Critéo mais aussi avec la filiale de commerce en ligne de Casino, Cnova, en route pour s’introduire sur le Nasdaq d’ici à la fin de l’année.

Le phénomène prend même de l’ampleur puisqu’aujourd’hui c’est au tour d’une entreprise cotée à Paris d’envisager de se transférer sur le marché nord-américain. En l’occurrence, la biotech Nicox. Son patron, Michele Garufi reproche à la Bourse paneuropéenne son manque d’appétence pour son secteur d’activité, il est vrai, très particulier. Dans un entretien accordé à Reuters, le Pdg déplore le traitement réservé par les investisseurs européens à la société depuis l'échec en 2010 de son médicament contre l'arthrose, le Naproxcinod, qui lui a fait perdre les trois-quarts de sa valeur boursière et l'a poussé à se recentrer sur l'ophtalmologie, un marché estimé à près de 20 milliards de dollars dans le monde. Et d’envisager, du coup, de se faire lister sur le Nasdaq où il pense rencontrer un succès bien plus manifeste, les biotechs américaines surperformant très nettement leurs homologues européennes en Bourse depuis 2011.

Et de fait, le parcours boursier de Nicox est moribond depuis sa chute initiée en 2006 lorsque l’action valait 23,30 euros. Depuis 2010, elle tourne autour de 2 euros et fait très souvent l’objet d’importants écarts, lui conférant une forte volatilité que les investisseurs détestent par-dessus tout. Le secteur des biotechs est réservé, de surcroît à une poignée de gérants acceptant de faire un pari sur l’avenir puisque la majeur partie du temps, ces entreprises ne délivrent aucun bénéfice avant une assez longue période. Durant la crise, les rares introductions en Bourse en Europe, ont paradoxalement plutôt concerné des biotechs. Les promoteurs de ces opérations vantaient surtout l’aspect défensif de ces entreprises travaillant dans le domaine de la santé. Et certaines d’entres elles ont effectivement connu un parcours boursier relativement satisfaisant, même si cela n’a pas été le cas pour tout le monde.

En voulant se délister d’Euronext pour aller sur le Nasdaq, Michele Garufi envoie en tout cas un message peu flatteur au marché paneuropéen qu’il considère donc trop peu profond pour le valoriser à sa juste mesure. Une nouvelle pierre dans le jardin de ceux qui tentent, au contraire, de renverser les équilibres actuels.

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