WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Actualité des sociétés

Entreprises / Actions
Actualité des sociétés

Ingénierie financière : la mode est au spin off

Après Vivendi et Alstom, c'est au tour de Bayer, Philips et eBay de préparer un spin off. L'objectif est de se recentrer sur un seul domaine tout en créant de la valeur pour les actionnaires. Gare à l'arrivée des fonds activistes qui ne vont pas manquer de s'intéresser à ces dossiers.
euros - dollars - illustration
euros - dollars - illustration

Tous les couturiers sont actuellement afférés à la présentation de leur dernière collection et la fameuse « fashion week » monopolise l’attention des amoureux de la mode. En finance, on ne constate pas de tels défilés mais il existe indéniablement de réguliers phénomènes de mode. Celui du moment n’est autre que la mise en place de spin off, de split, afin de permettre aux entreprises de se concentrer sur une seule activité. Tout en créant de la valeur pour les actionnaires. Comme on l’a récemment vu dans les dossiers Vivendi/SFR et Alstom/énergie. Ces opérations visent à créer de purs players disposant d’un solide bas de laine pour se renforcer dans leur domaine de prédilection. Stratégie de conquête indispensable actuellement pour aller capter de nouveaux relais de croissance hors de l’Hexagone. Et si l’on en croit plusieurs banquiers d’affaires, il est d’autant plus impérieux de mener à bien ce type de restructuration que tout projet d’acquisition doit plutôt se faire en cash et non en titres.

Pourquoi ? Il est un fait que malgré la très nette reprise du rythme des M&A depuis un an, on voit très peu d’opérations passant par un échange de titres (OPE) ou payées en actions. Ces transactions prennent en effet beaucoup de temps à monter et présentent donc un risque de marché que nombre d’émetteurs ne veulent pas prendre. Du coup, même si les indices se sont bien repris depuis deux ans et que les sociétés affichent aujourd’hui des ratios de valorisations assez élevés, elles ne souhaitent pas organiser d’OPE, préférant le cash ou des financements sophistiqués du type hybride.

Comme les capitaux sont abondants et peu chers actuellement, elles n’ont, certes, pas beaucoup de difficultés à lever du cash et mener à bien leurs emplettes. «Reste maintenant à voir si ces sociétés recentrées sur leur core business et désendettées ne vont pas attirer l’attention de fonds activistes soucieux de revisiter leur gouvernance et leur stratégie afin d’en tirer davantage de profits. Une bonne chose si la société avait tendance à s’endormir. Une mauvaise si c’est uniquement pour demander la mise en place de programmes de rachats d’actions ou pour démanteler l’entreprise », commente pour WanSquare un grand banquier de la place. Et de préciser que Carlyle vient de monter un fonds dans cet esprit de même que des anciens de Goldman Sachs et Pardus. En attendant, il y a quelques jours, eBay annonçait son intention de lancer un spin off sur Paypal, Bayer sur ses activités plastiques et Philips sur celles de composants d’éclairage. L’ingénierie financière est décidément très « fashion victim ».

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article