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2013, année de la rédemption pour le Crédit Agricole
Jean-Paul Chifflet (en photo ci-contre) n’a pas boudé son plaisir lorsqu’il s’est félicité d’afficher « les
meilleurs résultats du secteur bancaire pour l’année 2013 » ce matin dans
le Figaro. Car si Crédit Agricole a été un temps le canard boiteux des banques
systémiques, et a laissé beaucoup de plumes dans le bourbier grec, tout cela est
désormais de l’histoire ancienne. En 2013, la banque a renoué avec les
bénéfices avec un résultat net de 5,13 milliards d’euros, contre une perte de
3,98 milliards en 2012 liée à la cession d’Emporiki et sur les titres Intesa
Sanpaolo. Certes, les chiffres sont légèrement décevants pour les analystes au dernier
trimestre, avec des provisions de 883 millions d’euros alors que le consensus
attendait moins de 700 millions d’euros. Mais il faut relever que Crédit
Agricole parvient à redresser la barre d’Agos Ducato, sa filiale de crédit à la
consommation en Italie, dont le coût du risque au dernier trimestre baisse de
55% sur un an. Pas de bis repetita du scénario grec en Italie donc, le
management a indiqué voir des signes de reprise encourageants dans le pays, où
il est présent dans la banque de détail via Cariparma.
La banque de
proximité est restée d’ailleurs un segment très dynamique en 2013 : la
collecte globale atteint 59,5 milliards d’euros, en hausse de 3,2% sur un an,
dont 347,8 milliards de collecte bilan (+4,2%), tirée par les livrets et dépôts
à vue. Seule ombre au tableau, les encours de crédit n’augmentent que de 0,4%
sur l’année, et si le crédit à l’habitat progresse de 2,5%, ce sont surtout le
crédit à la consommation et les prêts aux PME et professionnels qui trinquent (-5,5%
et -4,7%). Ce qui montre, s’il fallait une preuve, que le financement de l’économie
pâtit sans nul doute des nouvelles contraintes réglementaires. La gestion de l’épargne
est également à la fête, avec des encours en hausse de 47,7 milliards d’euros
en 2013, dont une collecte record de 10,3 milliards d’Amundi et de 5,4
milliards dans l’assurance vie. En revanche, la banque verte a réduit la
voilure dans les services financiers spécialisés, en pleine crise, avec des
encours ramenés de 73,3 milliards d’euros l’an passé à 70 milliards à fin 2013.
Crédit
Agricole aura multiplié les cessions d’actifs en 2013 : cession de
Cheuvreux à Kepler, de CLSA à Citics, de sa participation dans Bankinter et de près
de 5% d’Eurazeo, ce qui a eu des impacts sur le niveau d’activité. Le produit
net bancaire des différents métiers de CASA n’a ainsi progressé que de 3,4% au
dernier trimestre sur un an, essentiellement grâce à la BFI qui progresse de 9%.
Mais cela a pour l’essentiel contribué à poursuivre le nettoyage du bilan et
Crédit Agricole s’est attaché à démontrer sa solidité financière, ratios à l’appui.
Le coût du risque a ainsi chuté de 20% sur l’année à 2,96 milliards d’euros, le
ratio Core Tier One sous Bâle 2.5 est de 12,6% (+120pb) et le ratio Common
Equity Tier 1 atteint 11,2% (dont 8,3% pour Casa), déjà bien au-dessus des 8,5%
que la banque devra respecter en tant qu’établissement systémique à horizon
2016. Jean-Paul Chiffler peut donc s’estimer « calme et confiant »
alors qu’une armée de 150 représentants de la BCE commence la revue de ses
actifs à risque, et que les stress tests se profilent à l’été.
Une
communication, doublée d’un dividende annuel à 0,35 euros par action, qui est appréciée
par les investisseurs ce matin. La banque verte donne sa couleur au titre ce
matin, qui gagne 0,7% ce matin et près de 50% sur un an.
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