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M&A / Actualité des sociétés
Les six sociétés françaises opéables
2015 devrait être une année favorable aux M&A. Telle est la conclusion des analystes de Natixis, qui estiment que le contexte économique sera favorable à un renforcement de la tendance à court et moyen terme. Les opérations devraient en effet bénéficier d’excellentes conditions de financement résultant de l’abondance de liquidités, du rebond de la demande de crédit bancaire des entreprises, de l’amélioration de la confiance des chefs d’entreprises et du retard des marchés européens par rapport aux américains.
Parmi les sociétés qui pourraient être la cible de M&A cette année, selon les analystes de Natixis, figurent six sociétés françaises. Maurel & Prom est ainsi selon eux « vouée à s’allier ou à s’adosser à un partenaire ». Si cette position a été rappelée plusieurs fois par le management au cours des dernières années, elle ne s’est jamais matérialisée. Cette année cependant, plusieurs éléments laissent penser que la société pourrait raviver les intérêts. Elle ne dispose en effet pas, selon les analystes de la « taille critique nécessaire (…) et l’intégration à un grand groupe ou le mariage à une société de taille similaire sera facilitée au cours des prochains mois par l’allongement de la visibilité sur les licences gabonaises et l’arrivée à échéance d’instruments de financement dilutifs sur le capital ». Les acheteurs potentiels seraient les grandes compagnies asiatiques nationales, qui ont accès à un faible coût du capital.
Bouygues serait également sous pression cette année, dans un contexte de rapprochement des opérateurs de téléphonie, même si selon Natixis, la probabilité d’une opération reste faible à court terme.
Au sein du secteur industriel, le segment du BTP et des concessions suscite un fort intérêt de la part des investisseurs de long terme, estime les analystes. ADP et le groupe Eurotunnel seraient ainsi les principales cibles potentielles à moyen terme. Aéroport de Paris n’a en effet pas vocation à rester aux mains de l’Etat français, qui cherche à se débarrasser de certaines de ses participations dans un contexte de resserrement budgétaire. L’Etat est pour le moment actionnaire à 50% du gestionnaire d’aéroports mais pourrait souhaiter conserver une minorité de blocage de 33% et céder ainsi autour de 17%, soit une valorisation de 1,5 milliard environ. Vinci, actionnaire à hauteur de 8% d’ADP, pourrait vouloir renforcer sa présence au capital de la société, ce qui s’inscrirait dans sa stratégie de développement dans les concessions aéroportuaires. Les autres candidats pourraient être des investisseurs financiers (fonds d’infrastructures, assurances, fonds de pensions ou fonds souverains…). Le Groupe Eurotunnel pourrait, aussi, intéresser les investisseurs de long terme, voulant bénéficier d’un rendement stable et régulier pour leurs propres investisseurs. Natixis estime que la société pourrait être retirée de la cote par des fonds de pension, d’assurance ou souverains.
Du côté retail et de la grande consommation, Danone est la principale cible potentielle citée par les analystes, si le changement de gouvernance à l’automne n’aboutit pas à un redressement durable. Selon eux en effet, le timing n’a jamais été aussi propice pour une OPA hostile ou amicale avec un management très affaibli par le bilan des dernières années, des résultats au plus bas avec un BPA par action en 2014 au même niveau que 2008, et une structure de l’actionnariat profondément modifiée. Les actifs du groupe restent par ailleurs très attractifs et un acquéreur pourrait donc proposer une prime de 50% sur le cours actuel sans pour autant surpayer le groupe.
Accor enfin est la dernière société française citée par Natixis : le changement de stratégie opéré par le groupe à l’automne dernier visant à réinvestir dans l’immobilier et à réduire la part des loyers dans son portefeuille pourrait déboucher sur un spin off d’ici 18 à 24 mois entre opérations et immobilier, une vente de l’opérationnel pour ne garder au contraire que l’immobilier ou encore le rachat d’Accor par un fonds de private equity ou un industriel américain. « Le groupe aura de toutes les façons les moyens de ses ambitions, compte tenu de ses levées de fonds successives depuis un an », concluent les analystes.
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