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Publications, Résultats / Stellantis / résultats annuels / Automobile / Etats-Unis / John Elkann

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Stellantis / résultats annuels / Automobile / Etats-Unis / John Elkann

Mal en point, Stellantis ferme enfin le chapitre de 2024 / Marge et bénéfice en subissent les conséquences

Les résultats mirobolants, que Stellantis avait pris l’habitude de publier, semblent loin. Après une année 2024 au cours de laquelle le constructeur automobile s’est enfoncé dans ses difficultés, ayant aussi acté la fin de l’ère Carlos Tavares, sa marge opérationnelle et son bénéfice ont fondu. Le processus de nomination du nouveau dirigeant suit son cours et le groupe assure avoir activement pris les mesures nécessaires pour renouer avec la performance et ses différentes parties prenantes.
John Elkann, président exécutif de Stellantis (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
John Elkann, président exécutif de Stellantis (Photo by Ludovic MARIN / AFP)

Si la chute était prévisible, l’atterrissage n’en est pas moins douloureux pour Stellantis. Et ce à tous les étages de son compte de résultat. En 2024, le chiffre d’affaires du constructeur automobile a reculé de 17 %, pour un montant de 156,9 milliards d’euros. En cause, des volumes d’expédition en baisse de 12 %, "en raison de l’absence momentanée de certains modèles dans l’offre produit, et des actions de réduction des stocks désormais achevées", a expliqué le groupe à l’occasion de sa publication annuelle.

Son bénéfice net a fondu de 70 %, à 5,5 milliards d’euros, tandis que son résultat opérationnel courant s’est érodé de 64 %, à 8,6 milliards d’euros. Finie, l’ère Tavares et ses fameuses marges à deux chiffres : elle est retombée au titre de l’année dernière à 5,5 %, contre 12,8 % en 2023, s'affichant même dans le bas de la fourchette prévue. Le free cash-flow industriel s’est quant à lui enfoncé en territoire négatif, à hauteur de 6 milliards d’euros. Un trou à comparer aux 13 milliards d’euros affichés par l’indicateur un an auparavant.

La publication annuelle du groupe né de la fusion entre Fiat Chrysler et PSA n’a, en soi, rien d’étonnant. Elle est alignée sur l’avertissement sévère qu’il avait lancé à la fin du mois de septembre, ayant jeté un grand froid à la Bourse de Paris. Mercredi, la réaction des opérateurs de marché est forcément négative. Mais semble somme toute mesurée, au regard de l'ampleur de la dégradation des résultats : le titre s’affiche en recul d’environ 4 %. Le signe que l’ensemble des mauvaises nouvelles que Stellantis égrène depuis plusieurs mois s’est sûrement déjà bien matérialisé sur son titre qui a dégringolé, à date, de plus de 45 % sur un an.

 

La pente américaine est restée glissante

 

Comme cela avait été prévu, la situation nord-américaine a été tout particulièrement délicate l’an passé. Les livraisons y ont reculé de 25 %, afin de poursuivre les mesures de réduction de stocks. Les concessionnaires américains ont vu les leurs se réduire de 20 %. Au total, les stocks du groupe aux quatorze marques (Peugeot, Fiat, Citroën, Jeep, RAM…) étaient inférieurs de 18 % par rapport à l’année précédente. Et Stellantis assure que les objectifs en la matière ont été atteints.

Reste que cette impasse opérationnelle aux États-Unis a produit ses conséquences, pendant que les parts de marché du groupe perdaient près de deux points dans la région au fil de l’année, pour finir par passer sous la barre des 8 %. Le recul des volumes a forcément pesé sur les revenus nord-américains de Stellantis, en baisse de 27 %. Pire : alors que la région était historiquement son réservoir à profits, son résultat opérationnel courant y a plongé de 80 %, notamment en raison d’opérations de promotion destinées à écouler les invendus. Sa marge a ainsi atterri à 4,2 %… contre 15,4 % en 2023.

L'état des lieux en Europe n’est pas plus enviable. Les livraisons et les revenus ont nettement reculé l’an passé et la marge opérationnelle a été ramenée de 9,8 % en 2023, à 4,1 % en 2024. L’Amérique du Sud, le Moyen-Orient et l’Afrique font davantage figure d’exception, avec des marges qui se sont maintenues à haut niveau (respectivement 14,3 % dans la première région et 18,8 % dans la seconde). Mais leur importance dans l’activité de Stellantis, par rapport à l’Amérique du Nord et l’Europe, reste bien relative.

Malgré cette publication morne, Stellantis veut croire à des jours meilleurs. Déjà, John Elkann l’assure : "Bien que 2024 ait été une année très contrastée pour l’entreprise, avec des résultats en deçà de notre potentiel, nous avons franchi d’importantes étapes stratégiques". Et le président du constructeur, qui en est le pilote intérimaire depuis l’éviction de Carlos Tavares, de faire référence aux déploiements de nouvelles plateformes multi-énergies, du lancement de produits, du démarrage de la production de batteries pour véhicules par le biais de ses coentreprises (même si les ambitions ont aussi été révisées à la baisse de ce côté, par exemple chez ACC) et la mise en œuvre du partenariat avec le constructeur chinois, Leapmotor International, qui avait été un cheval de bataille de l’ancien directeur général.

 

En creux

 

Le groupe n’a d’ailleurs pas profité de cette publication pour semer davantage d’indices quant au successeur de l’emblématique patron portugais. Mais n’a pas hésité à faire savoir que son équipe de direction intérimaire avait pris des mesures "rapides et décisives pour améliorer la performance et la rentabilité de l’entreprise".

Parmi elles ? La réduction des stocks des concessionnaires américains, donc, une collaboration accrue avec ces derniers, aux États-Unis comme en Europe, un dialogue plus soutenu avec les gouvernements et les régulateurs sur les questions clés de l’industrie, une utilisation appropriée des flexibilités de la réglementation CO2, des lancements stratégiques pour s'adapter à l'évolution de la demande… en creux, sans y faire de référence explicite, des actions en réponse à la plupart des critiques qui étaient régulièrement relatées à l’encontre de Carlos Tavares.

Le processus de recherche du prochain dirigeant de Stellantis se poursuit, assure en tout cas le groupe. Sa nomination reste prévue pour le premier semestre de 2025. "En attendant, l’entreprise reste concentrée sur l’exécution de sa stratégie", a-t-elle dit. Et fait aussi preuve de vigilance quant à ses prévisions, assorties d’un brin d’optimisme. Pour 2025, l’industriel prévoit une croissance positive du chiffre d’affaires, une marge opérationnelle courante à un chiffre et une génération de free cash-flow industriels positifs. "Nous restons déterminés à gagner des parts de marché et à améliorer nos performances financières tout au long de l’année 2025", a insisté John Elkann.

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