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ID Logistics, une courbe en J de bon augure pour 2025 / La légère érosion des marges est à relativiser
Les derniers temps sont difficiles en Bourse pour le leader français de la logistique contractuelle. L’action ID Logistics a perdu plus de 13 % en un mois, un recul qui s’est accentué ce jeudi, avec une chute de 5% à la clôture, à 361 euros, dans la foulée de la publication des comptes annuels du groupe fondé et dirigé par Eric Hémar.
Pourtant, ces derniers affichent une nette progression sur l’ensemble des indicateurs. Le chiffre d’affaires a bondi de 19,1 %, à 3,27 milliards d’euros, porté par une stratégie d’expansion à l’international qui joue pleinement son rôle de relais de croissance. L’activité a progressé de 16,8 % en Europe (hors France) et a fortement accéléré aux États-Unis, avec un bond de 39,3 %. Le pays de Donald Trump "confirme tout son potentiel", souligne le groupe, tout en rappelant que la zone ne représente encore que 17 % de son chiffre d’affaires.
Seule petite ombre au tableau, du moins en apparence, la rentabilité. La quasi stabilité du résultat net, à 52,8 millions d’euros, contre 52,1 millions d’euros en 2023, peut surprendre. Mais l’exercice 2023 comptabilisait un produit exceptionnel de 7 millions d’euros et les charges d’intérêt IFRS 16 ont progressé d’une dizaine de millions d’euros.
Le résultat opérationnel courant, lui, s’est établi à 147,8 millions d’euros, en forte hausse de 17,5% par rapport à 2023, ce qui s’avère un cran en dessous des estimations des analystes. Oddo BHF anticipait 149 millions d’euros, quand TP Icap prévoyait 148,2 millions d’euros. Ce qui se traduit par un léger effritement de la marge opérationnelle à 4,5%, contre 4,6% un an plus tôt. Un tassement également observé un peu plus haut dans le compte de résultat, au niveau de la marge d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté, qui s’est établie à 15,7%, à comparer aux 15,8% de 2023.
La bonne surprise du cash-flow
Un léger pincement qui mérite d’être relativisé au regard du modèle économique des fournisseurs logistiques tiers, dit "3PL" (pour Third Party Logistics, soit le fait de sous-traiter tout ou partie de sa logistique à un prestataire externe). "Les contrats logistiques sont généralement non rentables, voire déficitaires, la première année, et ne le deviennent que les années suivantes", rappelle ainsi le courtier Stifel. Soit une dynamique de courbe en J, avec une première année déficitaire avant une montée en puissance. "ID Logistics, qui a démarré un nombre record d'entrepôts l'an dernier, a logiquement subi une contraction de sa marge opérationnelle", ajoute-t-il.
Plutôt que de s’attarder sur ce point, mieux vaut désormais se tourner vers les perspectives 2025. Or, poursuit Stifel, celles-ci "commencent déjà à être revues à la hausse. Fin janvier, le management anticipait une normalisation de la croissance entre +8 % et +10 %. Désormais, la direction vise +10 % et commence même à envisager de faire mieux".
Concernant ses marges, tout en restant prudent, le groupe confirme tabler sur une hausse compte tenu de la montée en puissance de ses entrepôts. De plus, l’année en cours pourrait voir le renfort de nouvelles opérations de croissance externe. La solide génération de flux de trésorerie disponible "augmente la possibilité d'une nouvelle opération de fusion-acquisition relutive", estime le bureau d’analystes, à l’image des nombreuses acquisitions menées par le groupe au cours des dernières années.
La dynamique du cash-flow libre constitue l’un des principaux enseignements positifs des résultats 2024. Après une première moitié d’année dans le rouge, celui-ci est repassé nettement en territoire positif au second semestre, porté par une gestion rigoureuse des investissements (CAPEX) et du besoin en fonds de roulement (BFR).
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