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Le flou des tarifs douaniers sur l’automobile met les objectifs annuels de Stellantis en suspens / En gérer l'impact tout en poursuivant les discussions

Les incertitudes créées par l’administration Trump sur les barrières douanières de l’industrie automobile ont poussé le constructeur à suspendre ses prévisions financières pour l’année. Plusieurs mesures ont été prises pour tenter de naviguer dans cet environnement commercial et géopolitique instable.
Chrysler Minivans that were assembled at the Stellantis Windsor Assembly Plant sit in a storage lot nearby in Windsor, Ontario, on April 3, 2025. (Photo by JEFF KOWALSKY / AFP)
Chrysler Minivans that were assembled at the Stellantis Windsor Assembly Plant sit in a storage lot nearby in Windsor, Ontario, on April 3, 2025. (Photo by JEFF KOWALSKY / AFP)

John Elkann avait déjà tiré la sonnette d’alarme, lors de l’assemblée générale de Stellantis il y a deux semaines. L’industrie automobile européenne est en proie à de lourdes incertitudes des deux côtés de l’Atlantique, tant sur le plan des tarifs douaniers que sur celui d’une électrification accélérée, au cœur d’un marché pour l’instant peu dynamique. Mais c’est bien le premier de ces deux maux qui a poussé le constructeur à suspendre, mercredi, ses objectifs financiers pour l’année 2025. Une annonce faite à l’occasion de celle de la publication de son chiffre d’affaires du premier trimestre, qui a reculé de 14 % sur un an, à 35,8 milliards d’euros.

"La réalité est que les prévisions initiales, établies fin février, ne tenaient pas compte du contexte tarifaire actuel. Compte tenu de l’évolution constante de la politique tarifaire, des nombreuses implications potentielles sur les différents marchés sur lesquels nous opérons et des mesures d’atténuation qui sont toujours en cours de mise en place, il n’est pas possible à l’heure actuelle de fournir des prévisions suffisamment précises et pertinentes", a expliqué le directeur financier du groupe, Doug Ostermann, lors d’une conférence avec les analystes.

Donald Trump a donné un peu de répit au secteur automobile hier, comme il l’avait laissé présager. Ce mardi, il a signé un décret qui devrait éviter aux constructeurs produisant aux États-Unis de payer un cumul de droits de douane. Ils seront, dans un premier temps, exemptés de ceux qui frappent l’aluminium et l’acier. La taxe de 25 % sur les véhicules importés, en vigueur depuis le début du mois d’avril, reste de mise. En revanche, celle sur les pièces détachées a été aménagée : pour les véhicules fabriqués et vendus aux États-Unis, mais utilisant des pièces détachées importées, les constructeurs pourront en déduire 15 % des frais de douane de 25 % sur les importations suivantes pendant un an, puis 10 % l’année suivante. Cela devrait ainsi leur permettre de déduire jusqu’à 3,75 % du prix recommandé d’un véhicule la première année (jusqu’à fin avril 2026), puis de 2,5 % la seconde.

 

Impact et actions

 

De bon augure pour Stellantis : sur les 1,2 million de véhicules que le groupe a vendu en 2024 aux États-Unis, près de 60 % avaient été assemblés dans le pays et ne sont donc désormais (pour l’instant) exposés qu’aux tarifs légèrement allégés sur les pièces détachées importés. Le reste est très majoritairement assemblé au Mexique et au Canada, à quelques exceptions près. Si le directeur financier du groupe a tenu à rappeler que plus de la moitié du résultat opérationnel de Stellantis, sur la période 2023-2024, avait été générée en dehors de l’Amérique du Nord, certaines mesures ont bien été prises pour tenter de naviguer dans cette incertitude douanière.

Et notamment en amont des premières annonces de Donald Trump : "Au premier trimestre, la société a pris des engagements publics concernant certains produits et installations aux États-Unis. Nous maintenons aujourd’hui ces engagements, afin de garantir notre soutien à nos employés américains et aux priorités de l’administration américaine visant à renforcer la base industrielle du pays", a indiqué Doug Ostermann. Au cours du trimestre, la communication avec les fournisseurs et les concessionnaires, afin de gérer les stocks, a aussi été poursuivie. Le groupe assure que les stocks de produits importés, chez les concessionnaires, ont terminé le premier trimestre à un niveau "satisfaisant".

Depuis le début du mois d’avril, Stellantis a logiquement entrepris de réduire ses livraisons de véhicules importés. Celles qui sont en provenance d’Europe ont été temporairement suspendues. "Parallèlement, nous continuons à collaborer étroitement avec les gouvernements américain, mexicain et canadien afin de nous assurer qu’ils disposent de toutes les informations nécessaires quant à l’impact de leurs politiques sur notre industrie complexe et sur nos millions de clients. À mesure que la situation évoluera, nous devrons calibrer nos investissements, notre empreinte et nos effectifs en Amérique du Nord afin de garantir la rentabilité de notre entreprise ", a indiqué Doug Ostermann, qui a également fait savoir que Stellantis comptait maximiser les opportunités "offensives" et rester attentif aux tendances des prix du marché.

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