Macro-économie / Taux / Allianz Trade / 2026 / économie
Macro-économie / Taux
Allianz Trade / 2026 / économie
Ces nœuds gordiens pour 2026 qu’essaye de dénouer Allianz Trade / Croissance, stagflation et coût du financement sont au menu
Les prévisions de croissance pour 2026 sont loin d’être dithyrambiques et pourtant elles ne sont pas à l’abri des aléas baissiers. Les chiffres dévoilés ces derniers jours par Allianz Trade accordent en effet une probabilité de 45 % à un protectionnisme accru, lequel serait négatif tant sur le front de l’inflation et de la croissance. Néanmoins, ce n’est pas la seule épée de Damoclès, un choc politique lié à une dédollarisation se voyant accorder une occurrence de 35 %, poussant le cours de l’euro à quelque 1,25 dollar. Plus inquiétant, la probabilité d’une crise de la dette souveraine serait quant à elle de près de 20 %.
Les conséquences seraient alors limpides et pourraient "résulter des niveaux d’endettement et des taux d’intérêt élevés, limitant les politiques budgétaires en France, en Italie, au Royaume-Uni et aux États-Unis ". Les tensions géopolitiques sont, quant à elles, susceptibles de jouer à la baisse ou à la hausse, les équipes d’Allianz Trade imaginent qu’un cessez-le-feu entre l’Ukraine et la Russie stimulerait " la croissance et l’industrie européenne, l’exceptionnalisme américain favorisant l’expansion économique grâce aux progrès de l’IA et au succès des "Trumponomics", ce qui entraînerait une croissance accrue et des effets positifs sur les actions des marchés développés ".
À la merci
Les entreprises doivent encore, quant à elles, largement redouter les effets d’un coût du financement encore et toujours relativement élevés. La demande de prêts des entreprises étant qualifiée de modérée en ce qui concerne les Etats-Unis et comme repartant modérément au sein de la zone euro et ce malgré des baisses de taux directeurs de chaque côté de l’Atlantique. Face à ce défi que sont les coûts de financement toujours élevés, les firmes mettent "en œuvre des ajustements stratégiques tels que l’amélioration de l’efficacité opérationnelle, la renégociation des contrats avec les fournisseurs et l’investissement dans l’automatisation afin de réduire les dépenses". Particulièrement les plus grandes qui ont recours à d’autres canaux tels que la levée de capitaux sur les marchés obligataires ou encore "le crédit privé ou les partenariats stratégiques en raison du resserrement et du coût élevé des prêts bancaires traditionnels".
Pas de quoi empêcher que le pic des défaillances d’entreprises à l’échelle mondiale ne soit attendu qu’en 2027 par Allianz Trade ; où il est évoqué "une augmentation de + 6 % et + 4 % en 2025 et 2026, respectivement, avant une baisse limitée par la suite". Dans l’œil du cyclone on retrouve également des pays émergents, où il est affirmé que bien que "les marchés ne semblent pas s’en inquiéter à ce stade, mais les valorisations suscitent de plus en plus d’inquiétudes, et certains pays doivent être surveillés de près (par exemple l’Argentine, le Brésil, l’Égypte et l’Indonésie). La plupart des pays d’Amérique latine et d’Europe centrale et orientale (ainsi que certains pays d’Asie du Sud-Est et d’Afrique) seraient également vulnérables à un mouvement d’aversion au risque, car ils sont débiteurs nets et affichent des déficits courants".
La Chine n’échappe pas à cette alerte en raison d’exportations qui devraient diminuer alors même que la demande intérieure est loin d’être au beau fixe. De quoi la faire ralentir a minima jusqu’à l’an prochain et qu’elle parvienne tant à restaurer la confiance des particuliers qu’à contenir les pressions déflationnistes. Les économistes d’Allianz Trade suggèrent que de nouvelles mesures de soutien devraient advenir d’ici le premier trimestre 2026.
Réalité
Une temporalité qui permettra sans doute d’y voir plus clair concernant les véritables perdants de la guerre commerciale entreprise par la Maison Blanche. Chez Allianz Trade on se rallie au consensus selon lequel ce "sont principalement les exportateurs, mais les consommateurs américains seront également touchés par une inflation plus élevée (en hausse de 0,6 point de pourcentage d’ici mi-2026) ". La réorganisation des routes commerciales ne devrait pas éliminer les risques de ralentissements du commerce. De quoi laisser entendre que "les pertes à l’exportation pourraient en théorie aller de -0,3 % du PIB (UE) à -1,3 % du PIB (Vietnam) par rapport à un scénario pré-guerre commerciale. Le coût pour les États-Unis est estimé à -0,3 %".
Une grande incertitude réside également autour des engagements des investissements directs à l’étranger (IDE) aux États-Unis. Ces derniers s’ils se concrétisent bien "représenteraient 6 % du PIB américain d’ici 2026-2028, ce qui semble très coûteux pour les pays d’origine. Dans l’ensemble, la croissance du commerce mondial des biens et services devrait ralentir pour s’établir à + 0,6 % en 2026, contre + 2 % en 2025 en termes de volume".
Le tout, alors qu’il est affirmé que nous connaissons, pour l’heure, une stagflation modérée, en raison d’une inflation restant "supérieure à l’objectif dans de nombreuses économies avancées, telles que le Royaume-Uni, les États-Unis et le Japon, tandis que la croissance reste atone". Le retour de l’inflation dans son lit - de 2 % - est plutôt anticipé pour 2027, alors qu’une combinaison de droits de douane, de relance budgétaire et de pénurie de main-d’œuvre du fait d’une moindre immigration maintiendrait l’économie américaine "dans une situation de légère surchauffe et de pression élevée sur les prix ".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

