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Politique économique

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PME et ETI au bord de la défiance / Les incertitudes fiscales et politiques plombent les perspectives économiques des dirigeants

L’inquiétude gagne les dirigeants de PME et d’ETI. Alors que l’État s’apprête à reconduire une loi spéciale faute de budget pour 2026, la confiance des chefs d’entreprise s’effondre à son plus bas niveau depuis le début de l’année. Incertitudes politiques et menaces d’impôts supplémentaires alimentent un climat de profonde inquiétude dans le tissu entrepreneurial français.
Sébastien Lecornu et Amélie de Montchalin (Photo by Bastien Ohier / Hans Lucas via AFP)
Sébastien Lecornu et Amélie de Montchalin (Photo by Bastien Ohier / Hans Lucas via AFP)

Si l’adoption, dans les heures prochaines et pour la deuxième année de suite, d’une loi spéciale pour assurer la continuité de l’Etat - conséquence de l’échec de la CMP vendredi dernier sur le projet de loi de finances pour 2026 -, laisse aux entreprises quelques semaines de répit avec l’extinction automatique, au 31 décembre, de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises et de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), le moral des chefs d’entreprise n’est pas au beau fixe.

Après les reculs d’octobre et de novembre (-25 % cumulés), la confiance des dirigeants de PME-ETI dans l’économie française se dégrade à nouveau. Avec seulement 26 % (-9 %), le baromètre Grant Thornton des PME-ETI (réalisé entre le 12 novembre et le 5 décembre) atteint son plus faible niveau de l’année, quasi équivalent à celui de février (25 %). Il faut dire aussi que les incertitudes fiscales et budgétaires ainsi que l’atmosphère politique tendue depuis la rentrée 2025 ont nourri une inquiétude croissante : la part des décideurs se déclarant "très inquiets" bondit à 16 % (+ 13 %). Et après s’être maintenu au-delà de 80 % depuis janvier, le niveau d’optimisme des chefs d’entreprise a perdu 17 points pour atteindre 73 %, soit son plancher depuis début 2023. En décembre, seuls 8 % des dirigeants se disent "très confiants", contre 29 % un mois plus tôt. "Un tel niveau de défiance n’avait plus été observé depuis l’annonce de la guerre en Ukraine en février 2022. L’ensemble des secteurs est concerné, en particulier le commerce et l’industrie, traditionnellement plus sensibles aux variations de la demande", note Grant Thornton.

Et alors que l’exécutif poursuit ses consultations avec les différents partis politiques en vue de parvenir à un vote du budget pour 2026 en janvier prochain, les patrons craignent d’être la variable d’ajustement du futur compromis trouvé, la ministre du Budget, Amélie de Montchalin, ayant annoncé ce dimanche soir qu’il y aurait "quelques hausses d’impôts". "Le débat budgétaire en cours alimente un malaise profond chez les patrons d’ETI et de PME. La majorité redoute d’être les victimes collatérales des arbitrages et d’en payer la facture via des mesures pénalisant la compétitivité ou la transmission. 64 % des dirigeants s’inquiètent du contexte politique incertain et 63 % jugent que l’instabilité budgétaire et-ou fiscale constitue un sujet susceptible d’impacter négativement leur activité. 58 % des dirigeants perçoivent la situation politique actuelle comme une menace réelle, avec une hausse notable (+ 23 %) de la part de ceux qui la jugent de plus en plus forte", constate le cabinet.

Dans ce contexte, les prévisions de croissance sont en net recul par rapport à novembre et redeviennent minoritaires. Seulement 39 % (-17 %) des chefs d’entreprise prévoient encore une hausse d’activité.

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