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Politique économique

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Pékin répond à Clément Beaune / Le gouvernement français ne semble de toute façon pas très motivé

À peine évoquée, l’idée de mesures offensives pour contrer la menace industrielle chinoise en Europe a déclenché une riposte verbale immédiate de la part de la Chine, qui brandit, une nouvelle fois, la menace de représailles ciblées contre les vins français. Un scénario redouté par toute la filière, d’autant plus sensible que le secteur sort fragilisé d’épisodes similaires et d’un recul marqué de ses exportations. Pour l’heure, Bercy ne semble pas vouloir donner suite aux propositions du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan.
Clément Beaune (Hans Lucas via AFP)
Clément Beaune (Hans Lucas via AFP)

C’était à prévoir. Alors que le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP), piloté par l’ancien ministre, Clément Beaune, a proposé en début de semaine, pour tenter d’enrayer la domination industrielle chinoise en Europe, de durcir le rapport de force avec Pékin en instaurant des droits de douane d’environ 30 % sur les importations provenant de Chine ou en dépréciant l’euro face au renminbi de l’ordre de 20 à 30 % , l’Empire du Milieu n’a pas tardé à réagir. Et laisse une nouvelle fois planer la menace de mesures de rétorsions contre les vins français.

Yuyuan Tantian, ​un compte de médias ⁠sociaux affilié au radiodiffuseur public chinois CCTV, rapportait en effet que les autorités locales pourraient lancer des enquêtes sur les vins français ou imposer des tarifs réciproques sur des produits européens si l’exécutif français décidait de reprendre les propositions du HCSP. « Ce rapport viole les règles de l’Organisation mondiale du commerce. Cela équivaut à déclarer une guerre commerciale à la Chine », prévient Yuyuan Tantian.

Une réaction que le gouvernement français a tenté d’apaiser, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, ayant fait savoir que « si le commissaire au Plan était dans son rôle en faisant des propositions, et en publiant ce type de rapport, ça ne signifie pas qu’ils sont nécessairement suivis ou immédiatement suivis par le gouvernement ». Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure a quant à lui déclaré ne pas être favorable à des droits de douane sur tous les produits chinois. « Je pense qu’il faut plutôt faire du sur-mesure, en frappant fort dans certains secteurs de souveraineté », a-t-il indiqué sur le plateau de France 2.

Pour mémoire, en réponse aux droits de douane supplémentaires imposés par l’Union européenne sur ses véhicules électriques à batteries, Pékin avait déjà, en 2024, diligenté une longue enquête anti-dumping contre les importateurs de brandy en provenance d’Europe. Une enquête que ni la France, ni la Commission européenne n’avaient réussi à empêcher et qui avait contraint de grands groupes, tels que Pernod Ricard ou Rémy Cointreau – fragilisés par cette décision -, à passer des accords sur un prix minimum avec les autorités chinoises.

Rappelons en outre que l’exécutif européen n’est pas parvenu non plus, l’été dernier, à négocier une exemption pour le vin en matière de droits de douane américains, taxé depuis à hauteur de 15 % à son entrée sur le territoire américain. Si bien que les exportations de vins et spiritueux français ont reculé en 2025, de 8 %, à 14,3 milliards d’euros, selon les derniers chiffres publiés par la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France.

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