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L’incertitude politique laisse la porte ouverte à la croissance / L’économie pourrait s’y être habituée
Le pire est évité pour le moment. Le scénario économique mondial imaginé par Allianz Trade pour 2026 et 2027 n’élude certes pas la possibilité d’un retour à des niveaux d’incertitude prochainement. Sa directrice de la recherche économique, Ana Boata, a néanmoins rappelé que l’année 2025 a vu les tarifs moyens américains sur les importations passer d’une projection de 26 % en avril à uniquement près de 12 % en fin d’année.
De quoi expliquer que les équipes d’Allianz Trade évoquent une croissance robuste pour l’économie mondiale, de 2,8 % en 2027 après une hausse de 2,9 % cette année. Une bonne santé relative qu’elles expliquent "en grande partie par la vigueur relative des États-Unis et de la Chine, qui représentent plus des deux tiers de la révision à la hausse des prévisions". Concernant l’Empire du milieu, les causes sont multiples à cette bonne santé qu’il s’agisse de la mise en place de stratégies de contournement des droits de douane, de gains de parts de marché ou encore d’achats anticipant les droits de douane.
Encore en vie
Les conflits commerciaux lancés par la Maison Blanche ont beau se multiplier, chez Allianz Trade on continue à constater que le "multilatéralisme n’est pas entièrement mort ". Ana Boata expliquant que le spécialiste de l’assurance-crédit entreprise fait le pari depuis 2017 que certains pôles commerciaux dits de nouvelle génération vont capter une part plus importante du commerce mondial au fil du temps. Il s’avère que ces vingt pays - parmi lesquels figurent le Vietnam, le Mexique, l’Inde ou encore la Pologne – ont gagné des parts de marché conséquentes en moins d’une décennie.
Cela n’est pas près de s’arrêter avec pas moins de 30 % du commerce mondial qui est en train de négocier des accords de libre-échange ou vient tout juste d’en conclure. La vigueur du commerce se retrouve également aux Etats-Unis où "l’impact de la guerre commerciale [s’est avéré] moins sévère que prévu (estimé à -0,6 point en 2025 contre -1,6 points auparavant). La baisse effective des tarifs via des exclusions sectorielles et des accords commerciaux stratégiques avec des partenaires clés a aidé à atténuer cette pression".
Difficile d’évoquer l’année écoulée sans évoquer le moteur clé outre-Atlantique qu’est "le secteur de l’information et des communications, notamment lié à l’intelligence artificielle (IA), qui a contribué à plus de la moitié de la croissance du PIB en 2025 et devrait continuer à soutenir la croissance en 2026 ". Alors même qu’il ne représente pas plus de 10 % du PIB américain.
Patiner
Difficile d’en dire de même pour l’Hexagone, dont la croissance potentielle est considérée comme étant inférieure à 1,3 % par les soins de Maxime Darmet, économiste senior pour la France chez Allianz Trade. Cette année le voit anticiper que "la croissance devrait s’accélérer modérément pour atteindre + 1,1 % en 2026, grâce à la reprise des investissements des entreprises et des exportations et cela malgré un contexte politique intérieur complexe et d’un budget qui n’est pas encore voté". Parmi les moteurs soutenant l’économie tricolore, on retrouve une augmentation des dépenses de défense et d’infrastructure en Europe qui profiterait aux entreprises françaises du secteur manufacturier et également une adoption de l’IA favorisant l’investissement.
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