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Ipsos tiendra-t-il ses objectifs annuels de croissance organique ? / Si les marchés sont déçus de son trimestre, plusieurs facteurs sont prometteurs
Les opérateurs de marché ont reçu la publication trimestrielle d’Ipsos sans grand enthousiasme. Le champion français des études de marché et des sondages accuse le coup aujourd’hui à la Bourse de Paris : il recule d’environ 14 % depuis l’ouverture de la séance et figure ainsi parmi les plus fortes baisses du SBF 120. Au titre des trois premiers mois de 2026, le groupe a en effet enregistré 554,9 millions d’euros de chiffre d’affaires, en recul de 1,4 % sur un an sur le plan organique. La baisse a essentiellement été tirée par l’Amérique du Nord (181,1 millions d’euros de revenus), où Ipsos a vu son chiffre d’affaires se réduire de 4,1 %, toujours en organique, par rapport au premier trimestre de 2025. Une baisse essentiellement attribuable aux États-Unis. À l’inverse, l’Asie-Pacifique et la zone EMEA, sa région d’activité principale, ont crû respectivement de 0,2 % et 0,1 %.
En présentant son plan stratégique en janvier, « Horizons », le nouveau directeur général d’Ipsos, Jean Laurent Poitou, avait érigé le retour à une croissance organique dynamique en priorité. Et en publiant ses résultats annuels, quelques semaines après, l’entreprise avait assuré que cette tendance serait au rendez-vous dès 2026, avec une hausse annuelle visée dans une fourchette de 2 % à 3 % (ainsi qu’une marge opérationnelle équivalente à celle de 2025, soit 12,8 % à périmètre constant). Une perspective qui avait enthousiasmé les marchés.
À l’occasion de cette publication trimestrielle, Ipsos a indiqué qu’il réitérait ses objectifs annuels. De fait, pour parvenir à les tenir, le groupe devra donc nécessairement accélérer sur les trimestres à venir, au regard de la tendance enregistrée sur les trois premiers mois de l’année.
Plusieurs arguments d’assurance
Pour autant, certains facteurs semblent apporter des gages allant en ce sens. D’abord, Ipsos indique avoir rencontré une belle dynamique commerciale au premier trimestre, avec un carnet de commandes en croissance organique de 1 % à la fin du mois de mars, en ligne avec ses perspectives à ce stade de l’année. « Il convient de noter que la forte progression des commandes enregistrées en mars entraîne un décalage entre l’augmentation du carnet de commandes et sa comptabilisation future dans le chiffre d’affaires », souligne ainsi l’entreprise par voie de communiqué.
Ces commandes devraient donc sans nul doute redonner de l’allant à la croissance organique dans les mois à venir, tandis qu’elles ont aussi été soutenues par plusieurs moteurs. Il y a le rebond, en France et aux Etats-Unis, du segment des affaires publiques. Il est clé pour le groupe, dont le ralentissement avait pénalisé sa croissance les dernières années. Ipsos ajoute également avoir remporté des commandes auprès de clients majeurs internationaux et d’entreprises de biens de consommation, tandis qu’une dynamique notable est aussi à relever du côté de la Chine (notamment grâce à l’adoption rapide des technologies d’intelligence artificielle).
« À la fin du mois de mars, le groupe constate un ralentissement localisé au Moyen-Orient, sans incidence sur ses prévisions annuelles. Aucune annulation ni aucun report significatif de commandes n’a été signalé à ce stade en lien avec le conflit. [Ipsos] suit de près l’évolution de la situation et ses répercussions économiques potentielles, afin de pouvoir réagir rapidement en cas de prolongation ou d’intensification de la crise », observe également l’entreprise. Enfin, les trois premiers mois de l’année auront été l’occasion pour le groupe de commencer à déployer sa feuille de route, notamment en accélérant dans le déploiement des services gérés à l’échelle mondiale, qui devraient représenter un catalyseur de croissance. Autant de raisons potentielles, donc, de garder le cap sur ses perspectives annuelles.
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