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Eleclink fait des étincelles chez Getlink / Le groupe relève ses prévisions annuelles d'EBITDA
« Ce semestre illustre ce qui fait aujourd’hui la force de Getlink : une combinaison d’infrastructures stratégiques, une exécution opérationnelle rigoureuse et un modèle diversifié, capable de créer de la valeur dans des contextes de marché qui sont très différents, et atones pour certains » : c’est ainsi que Yann Leriche, directeur général de Getlink, a résumé la publication semestrielle de l’entreprise qu’il dirige, lors de sa présentation de résultats. Une performance qui permet ainsi au groupe de relever son objectif d’EBITDA pour l’année, désormais visé entre 835 et 870 millions d’euros (contre 820 à 860 millions précédemment). Dans l’ensemble, l’exploitant de l’Eurotunnel a enregistré un chiffre d’affaires de 824 millions d’euros, en hausse de 13 % sur un an, ainsi qu’un EBITDA de 404 millions d’euros qui traduit une progression de 12 %. Le résultat net a grimpé de 7 %, à 118 millions d’euros, tandis que le free cash-flow du groupe aura été de 295 millions d’euros au premier semestre, en hausse de 77 millions d’euros par rapport au premier semestre de 2025, grâce à la hausse de la contribution d’Eleclink.
Plusieurs moteurs
Et de fait, si l’amélioration des performances de l’entreprise se lit dans l’ensemble de ses activités, Eleclink, son interconnexion électrique sous la Manche lancée en 2022, tire particulièrement son épingle du jeu : son chiffre d’affaires a bondi de 71 %, à 157 millions d’euros et son Ebitda de 79 %, à 93 millions d’euros, après provision liée au partage de profit (45 millions d’euros). Une performance qui s’explique par plusieurs raisons, dont celle de la disponibilité opérationnelle du câble, portée à 99,7 %, alors qu’elle se situait à 71 % au premier semestre de 2025. Une stratégie commerciale efficace et une bonne gestion de la volatilité des écarts de prix de l’électricité entre la France et la Grande-Bretagne y ont aussi joué. La visibilité pour la suite reste par ailleurs claire. À date, Eleclink a vendu 97 % de la capacité du câble pour le reste de l’année, avec des enchères s’étant bien portées. Ainsi, au 30 juin, 148 millions d’euros de chiffre d’affaires étaient déjà contractualisés pour le second semestre, sous réserve de la bonne livraison du service.
Chez Europorte, les revenus ont grimpé de 12 %, à 93 millions d’euros, notamment grâce au gain d’importants contrats d’infrastructure ferroviaire. L’EBITDA s’est quant à lui apprécié de 6 %, à 17 millions d’euros. Des résultats démontrant que le groupe est capable de continuer à générer de la croissance rentable sur cette activité de fret ferroviaire standard, installée sur un marché mature, a souligné Yann Leriche, où nombre de ses concurrents se trouvent en difficulté.
Différents facteurs
Enfin, du côté de son premier champ d’activité, Eurotunnel, les revenus se sont appréciés de 3 %, à 574 millions d’euros. Une croissance n’étant pas liée aux volumes, du côté des navettes, dans un climat économique contrasté. Le « entry exit system » (EES), système européen de gestion automatisée des entrées et de sorties aux frontières extérieures de l’Union européenne pour les voyageurs non-européens, poursuit par exemple la montée en charge de sa mise en place. Ce qui aura eu un impact sur les activités de navette passagers, avec un recul de 2 % du trafic de véhicules de tourisme transportés. Pénalisé également par un environnement économique peu porteur en Grande-Bretagne, le trafic de camions a quant à lui légèrement baissé de 1 %. « Mais nous gagnons des parts de marché », a indiqué Yann Leriche. Du côté du shuttle de voitures, elle a été portée à 60,2 % (contre 59,9 % au premier semestre de 2025) et est passée de 35,7 % à 35,8 % sur le shuttle camions. « Au-delà des efforts que nous faisons pour renforcer notre attractivité, comme nous le faisons pour les passagers, nous bénéficions aussi de l’augmentation des coûts du fioul », a rappelé Yann Leriche. L’ensemble des installations du groupe, dont ses navettes, sont électriques, ce qui crée un écart de prix en faveur de Getlink par rapport aux opérateurs de ferries.
La progression du trafic du réseau ferroviaire a en revanche été au rendez-vous, avec une hausse de 4 % de celui de l’Eurostar. Cela aura permis d’atteindre un niveau historique de plus de 5,8 millions de passagers, transitant de Londres vers les capitales européennes, au premier semestre. « Il y a un fort appétit pour la grande vitesse ferroviaire, ce qui démontre la pertinence de ce que nous développons pour renforcer ce segment. Ce qui nous limite aujourd’hui ce n’est pas la demande, c’est l’offre : il y a plus de clients qui voudraient voyager qu’il n’y a de place dans les Eurostar », a relevé Yann Leriche. Les annonces faites en fin d’année dernière de commandes de train par Eurostar auprès d’Alstom, ainsi que la perspective de nouveaux entrants sur les liaisons transmanches sera sans nul doute de bon augure pour la suite.
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