Macro-économie / Taux
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Les investisseurs particuliers ont un faible pour la dette souveraine / Les Etats aux petits soins avec eux
Les investisseurs particuliers sont de plus en plus friands d’obligations souveraines. La part de la dette émise par les Etats détenue par ce type d’investisseurs dans l’Union européenne, le Japon et les Etats-Unis atteignait 9,1 % au quatrième trimestre 2025, contre 4,4 % au quatrième trimestre 2021. Hasard ou non, cette remontée est allée de pair avec l’augmentation des rendements obligataires. « Cela laisse penser que la demande de dette publique émanant des particuliers est particulièrement sensible aux taux d’intérêt », expliquent Sam Foxall et Luca Policino, économistes à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), auteurs d’une note sur le sujet.
En vue de profiter de cet attrait, plusieurs Etats ont mis en place des dispositifs. En juin 2026, 19 des 38 pays de l’OCDE disposaient de programmes dédiés aux particuliers, soit le nombre le plus élevé enregistré dans la base de données des deux économistes. Il y en avait 16 en 2000. Ces derniers temps, l’Estonie, la Slovénie, la Slovaquie et la République Tchèque ont suivi le mouvement. « Ces programmes poursuivent plusieurs objectifs, notamment le développement des marchés de capitaux, une diversification accrue de la base d’investisseurs et le renforcement de l’éducation financière », indiquent Sam Foxall et Luca Policino.
Dans le détail, les quatre programmes comprennent des obligations spécifiquement destinées aux particuliers, mais présentent des caractéristiques différentes en matière de maturité, de structure et de liquidité. « L’Estonie, la Slovaquie et la Slovénie privilégient des instruments à taux fixe relativement simples, tandis que la Tchéquie propose une gamme plus large de produits afin de répondre aux différentes préférences des investisseurs en matière de protection contre l’inflation et de liquidité », expliquent les deux chercheurs.
Il convient de noter que par ailleurs, certains émetteurs rechignent à mettre en place ce type de programme. « Le gouvernement néerlandais a récemment souligné la complexité et les coûts liés à l’introduction d’un canal de distribution directe à destination des investisseurs particuliers », rapportent Sam Foxall et Luca Policino. Des préoccupations similaires ont émergé en Finlande ainsi qu’en Irlande.
La note estime qu’il n’y a rien d’évident à ce que cette double tendance, poids des particuliers et programmes sur-mesure, soit pérenne. « La plupart des marchés de la dette souveraine des pays de l’OCDE restent principalement orientés vers les investisseurs institutionnels et de gros. L’ampleur de la participation des particuliers dépendra non seulement de l’évolution future des taux d’intérêt, mais également de la capacité des émetteurs à maintenir une offre de produits attractifs et accessibles pour les particuliers, tout en maîtrisant les coûts opérationnels associés », analysent Sam Foxall et Luca Policino.
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