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Macro-économie / Taux

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Le made in France reprend du poil de la bête / Une embellie qui masque un déclin structurel

Pour la seconde année consécutive, la part de made in France dans les achats des Français a progressé, à 77,5%, selon une étude de Rexecode, contre 80,4% en 2010. Sans surprise, une hétérogénéité importante se fait jour entre les différents secteurs de l’économie.
04/11/2026 - 10:00
Photo par QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Photo par QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Le made in France remonte la pente mais reste loin de son lustre d’antan. Une étude de Rexecode menée par Olivier Redoulès et Célestin Gancel estime que sa part dans les achats des Français a progressé à 77,5% 2024. C’est la seconde année de suite qu’une progression est enregistrée. « Cette évolution s’observe aussi dans les autres pays européens. Elle reflète pour partie les effets conjoncturels du reflux de l’inflation importée, qui avait fait reculer le made in France en 2022. Autre explication possible : le redressement de la productivité et notamment de la production industrielle à partir de 2023 », jugent les deux économistes.

Reste que sur le long terme, cette part décroît tendanciellement. En effet, elle était de 80,4% en 2010 et n’a fait quasiment que baisser depuis lors. « Cette tendance n’est pas propre à la France. Elle touche aussi nos principaux voisins, mais de manière moins prononcée », pointe l’étude. Dans le détail, la part a reculé de 2 points en Espagne et en Allemagne.

En France, si 80% des 64 branches d’activités recensées ont enregistré une diminution de leur indicateur de made in France en quinze ans, elle est loin d’être homogène. « La production et la distribution d’électricité ressort comme la branche qui a le plus accru son made in entre 2010 et 2024, dans un contexte de décarbonation du secteur. A l’opposé, les services financiers sont la branche qui a le plus reculé, une évolution que l’on peut supposer liée à la numérisation du secteur, intensive en services d’acteurs principalement extra-européens », explique l’étude.

Plus récemment, pour ce qui est du positif, Olivier Redoulès et Célestin Gancel remarquent que le secteur de l’industrie manufacturière a repris des couleurs en termes de made in France depuis 2018. « Il s’est redressé depuis et se situe aujourd’hui au même niveau qu’en 2015. Cette stabilisation est concordante avec d’autres indicateurs mesurant l’activité du secteur manufacturier (parts de marché à l’exportation, part dans l’emploi industriel européen, niveau de l’emploi industriel, etc.) », expliquent-ils.

Pour autant, il serait prématuré de parler de réindustrialisation, ce rebond serait plutôt synonyme « d’une interruption sinon d’un arrêt de la désindustrialisation à l’œuvre depuis plusieurs décennies », peut-on lire dans l’étude. « Cette évolution positive est à relier au déploiement de mesures favorables à l’attractivité du site français adoptées dans le sillage du rapport Gallois : CICE, pacte de responsabilité, baisse d’impôts de production, réformes du marché du travail, etc. », affirment les deux économistes.

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