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Vivarte en hypothèque

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Vivarte en hypothèque

La cure d'amaigrissement de Vivarte n’a pas suffi à compenser la dette héritée d'achats successifs. Le groupe, qui promettait à Noël dernier de tenir ses engagements dans le plan de restructuration, devrait être laissé aux mains de ses créanciers.
Vivarte
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La gourmandise est un vilain défaut car c'est un désir désordonné qui finit souvent par se confondre avec la gloutonnerie. C'est bien l'histoire de Vivarte qui depuis les années 1980 et jusqu'au début du siècle a racheté Pataugas, Caroll, Creeks, Liberto, Kookaï, Besson, San Marina puis Cosmoparis. Puis, c'est au tour de Naf Naf, Chevignon, Minelli, Beryl, Défi Mode et Accessoire Diffusion de se faire avaler. En 2017, Vivarte rassemble pas moins de vingt-deux enseignes.

Le spécialiste de la mode vestimentaire finit par se mettre au régime, officiellement pour affronter la dégradation continue du marché de la chaussure. Car Vivarte était au pied du mur avec une dette colossale, héritée de tous ses achats compulsifs qu'elle a financés par des LBO, ces montages financiers à effet de levier. L'an dernier, Vivarte mets en vente ses dernières marques, Minelli, San Marina et Cosmoparis, pour se recentrer sur les deux seules qui lui resteront, La Halle et Caroll. À la fin de l'année dernière, le groupe révèle une dette de 302 millions d'euros, tout en annonçant tenir ses engagements présentés dans le plan de restructuration lancé en 2016.

Démantelé, le groupe avoue maintenant ne pas avoir retrouvé de repreneur satisfaisant à Minelli mais promet que San Marina et Cosmoparis seront bel et bien vendus à la rentrée. Ces deux cessions ne suffiront pas car Vivarte, pour qui la crise des Gilets jaunes a porté le coup de grâce sur ses ventes, propose maintenant aux créanciers (essentiellement des fonds de dette) et aux actionnaires - Oaktree, Alecentra, Hayfin et Anchroage - d'activer la conversion de dette en actions, c'est-à-dire le transfert de propriété, en échange d'un abandon de créances. Les créanciers deviendront actionnaires. Les actionnaires perdront, eux, un montant total de 460 millions d'euros.

Dans l'actualité récente, ce n'est pas le seul cas où le mécanisme de fiducie est engagé au détriment des actionnaires. La filiale Antalis du géant du papier Sequana, en crise depuis dix ans et qui s'est lui aussi démembré, devrait bientôt laisser les créanciers entrer à son capital, en échange d'un abandon de dettes. Cet outil juridique a toutefois l'avantage de favoriser considérablement le sort financier de ces entreprises en difficultés. C'est grâce à cela que Vivarte n'entend pas subir de conséquences sur le plan social. Au contraire, c'est bien l'abandon de dette qui pourra permettre au prochain ensemble d'investir, enfin, dans ses deux marques porteuses.

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