Politique économique
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Le FMI s'inquiète de l'explosion de l'endettement mondial
"La pandémie de COVID-19 s'est révélée très problématique pour les finances publiques", explique le FMI dans son document destiné à mettre à jour son outil de surveillance des comptes publics des Etats. La contraction de la production et la baisse des recettes qui en a résulté ainsi que les dispositifs d'urgence instauré depuis le début de l'épidémie ont en effet provoqué une envolée des déficits et dettes publics, bien au-delà des niveaux enregistrés pendant la crise financière de 2008. Au total, les Etats ont dépensé 14 000 milliards de dollars pour soutenir leurs économies l'an dernier, soit un surcroît de 2200 dollars par rapport au dernier rapport datant d'octobre 2020. Bilan: la dette publique mondiale a atteint 98% du PIB, contre 84% pour la même date sur la base des projections de l'édition d'octobre 2019 du Moniteur, qui, logiquement ne pouvait anticiper la pandémie.
Autre enseignement de ce rapport, le déficit des pays a augmenté proportionnellement à la capacité de financement des Etats. Ainsi en 2020 quasiment tous les pays avancés ont apporté un soutien budgétaire massif face à la crise sanitaire, de 11 800 milliards de dollars au total. Le déficit primaire moyen de ces Etats a ainsi grimpé à 9,6% du PIB potentiel pour atteindre 13,3% du PIB et leur dette 122,7% du PIB. Aux Etats-Unis, un soutien présentant 14,8% du PIB a été apporté aux ménages, entreprises et administrations entre mars et avril. Sachant qu'un nouveau plan de soutien de 4,3% du PIB a été adopté en décembre.
Le déficit budgétaire global des pays émergents s'est quant à lui creusé de 5,5 points de pourcentage à 10,3% du PIB tandis que leur dette a atteint 63,3% du PIB. Mais, alors que la dette publique devrait en moyenne augmenter très modestement dans les pays avancés cette année, du fait de la réduction des mesures de soutien et de la reprise économique, celle des pays émergents devrait continuer à augmenter et se maintenir sur une dynamique haussière, du fait de taux intérêts plus élevés que dans les pays développés et de recettes moindres.
Enfin, les pays en développement, aux capacités d'action plus restreintes et rencontrant davantage de difficultés de financement n'ont vu leur dette publique s'accroître "que" de 5,2 points de pourcentage, à 48,5% du PIB et leur déficit atteindre 5,7% du PIB en moyenne. "Financer des déficits considérables reste problématique, compte tenu de l'accès restreint aux marchés et de la capacité limitée à accroître les recette à court terme pour ces Etats", notent ainsi les équipes du FMI.
Dans ce contexte, l'institution recommande une coopération internationale pour permettre à tous les Etats, même les plus vulnérables de fournir des vaccins à leur population. "Les dirigeants des pays émergents et en développement devront effectuer des arbitrages très délicats en raison de leurs difficultés à obtenir des financements et de leurs capacités par conséquent plus limitées pour venir en aide aux personnes les plus touchées par la crise". Selon le FMI, certains de ces pays pourraient devoir solliciter une restructuration de leur dette, nécessitant la mise en place rapide d'un cadre commun pour le traitement de dette.
Enfin, si le fonds monétaire prône un rétablissement des finances publiques mondiales à moyen long terme, il estime néanmoins que toute aggravation de l'épidémie et de la crise économique nécessitera une prolongationn des mesures d'aide et de nouveaux plans de soutien.
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