WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Transition écologique ; Croissance ; Inflation ; Perspectives ; Carbone ; Offre ; Demande ; Investissement ; Banque de France

Environnement / transition écologique / croissance / Inflation / perspectives

Environnement
transition écologique / croissance / Inflation / perspectives

Transition écologique : quels impacts sur la croissance et l’inflation ? / Une mise en œuvre précoce et graduelle pour s’épargner la « greenflation »

Une étude de la Banque de France a analysé l’impact de différents scénarios de transition vers la neutralité carbone sur la croissance et l’inflation. Si les conséquences varient en fonction de la stratégie adoptée, une mise en œuvre tardive entraînerait à coup sûr des effets néfastes.
Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (Come SITTLER/REA)
Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (Come SITTLER/REA)

Le plus tôt serait le mieux, pour l’environnement mais aussi pour l’économie. Le retard accumulé au cours des dernières années en matière d’action climatique risque de provoquer une transition écologique abrupte, potentiellement désordonnée, avec des conséquences économiques importantes sur la croissance et l’inflation, prévient la Banque de France dans une étude publiée mercredi.

Si à terme, "l’ampleur et la durée des effets de la transition vers la neutralité carbone sur l’inflation dépendront de la stratégie de transition choisie", expliquent les experts de la Banque de France, il reste que "plus la transition sera mise en œuvre tôt et de manière graduelle, plus les coûts liés à l’inflation seront faibles", poursuivent-ils.

Stéphane Dees, Oriane Wegner, Annabelle de Gaye et Camille Thubin ont donc élaboré et analysé quatre scénarios types, calibrés pour refléter "des transitions abruptes mais plausibles", parmi les plus susceptibles de créer des effets importants sur l’activité et les prix.

Ainsi, au bout de cinq ans, en fonction de la stratégie adoptée (tarification du carbone, subventions dans les innovations vertes, dépenses publiques dans les infrastructures, etc.), l’incidence sur l’inflation varierait de -0,8 point à +0,6 point de pourcentage tandis que l’impact sur le PIB oscillerait, lui, entre -1,1 % et 1,6 %. Des chiffres qui montrent à quel point tout reste encore possible.

 

Prix du carbone et investissement vert

 

Une hausse "abrupte et non anticipée" car retardée du prix du carbone conduirait à une hausse rapide de l’inflation en France liée à la détérioration rapide des conditions de l’offre, jusqu’à 1,75 point de pourcentage supplémentaire par an puis 0,6 point après cinq ans. Si dans un premier temps, l’effet sur la croissance resterait neutre, l’impact sur l’activité deviendrait négatif après deux ans, entraînant une diminution du PIB de l’ordre de 1,2 % au bout de cinq ans.

À l’opposé, un scénario "techno optimiste" reposant sur le pari – très incertain – que le progrès technique se diffuse à l’ensemble de l’économie, avec une forte hausse de l’investissement vert au détriment de la consommation des ménages, serait "désinflationniste et expansionniste" : le PIB français serait supérieur de 0,8 % au bout de cinq ans et l’inflation inférieure de 0,8 point de pourcentage en glissement annuel.

Un autre scénario de forte hausse de l’investissement public financé par une taxe carbone, comparable à une succession de chocs positifs sur la demande, entraînerait, lui, une hausse transitoire de l’inflation de l’ordre 1,75 point qui refluerait un peu toutefois au bout de deux ans. Il engendrerait, en outre, des retombées plus favorables sur la croissance avec un PIB gonflé de 1,6 % cinq ans plus tard.

Enfin, un ultime scénario de hausse temporaire de l’incertitude concernant les politiques de transition – combinant une augmentation du coût de financement des entreprises sur les marchés et une baisse de la consommation des ménages – affecterait négativement la croissance et l’inflation au début. Néanmoins, au bout de cinq ans, on assisterait à une hausse modérée de l’inflation (+0,2 point) et un écart de PIB de +0,3 %, "illustrant ainsi le fait qu’une incertitude sur les politiques de transition pourrait se traduire par une certaine volatilité sur l’inflation et la croissance", souligne l’étude.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article