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Un mois de septembre glacial pour les défaillances d’entreprises / Des signaux faibles et d'autres un peu plus positifs

Le mois de septembre a concentré près de la moitié des défauts d’entreprises du troisième trimestre. Un volume qui n’avait pas été observé, en période de rentrée, depuis 2009. Si le tiers des procédures sont désormais des redressements judiciaires ou des procédures de sauvegarde, ce qui pourrait favoriser le maintien de davantage d’emplois parmi ceux à être menacés, la vigilance reste néanmoins de mise explique la dernière étude d’Altares sur le sujet.
(Photo by Laure Boyer / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Laure Boyer / Hans Lucas via AFP)

Le mois de septembre a été tout particulièrement sinistre sur le plan des défaillances d’entreprises. Avec plus de 14 300 ouvertures de procédures collectives (soit une hausse de 5 % sur un an), le troisième trimestre s’est conclu sur un record estival, indique la dernière étude d’Altares sur le sujet. Et ceci alors que près de la moitié de ces défaillances a été comptabilisée sur le seul mois de septembre. "Un volume en période de rentrée qui n’avait plus été observé depuis 2009, année de forte récession économique", indique le rapport.

Néanmoins, observe Altares, en comparaison sur un an, cette hausse des défauts de 5 % reste relativement contenue. "Une tendance que l’on doit notamment au ralentissement des liquidations judiciaires directes (9 700) qui augmentent de "seulement" 3 %. Les jugements en redressement, qui représentent désormais 30 % de l’ensemble des procédures (contre moins d’un quart en 2021 et 2022), augmentent quant à eux de 11 %. Bien moins nombreuses, les sauvegardes (331) affichent la même tendance (+ 12 %). La proportion croissante de ces deux procédures est un signal positif", précise l’étude, puisqu’elles permettent à davantage d’entreprises de disposer d’un délai complémentaire, de quelques semaines à quelques mois, pour préparer leur rebond ou cession et éviter la liquidation.

Par taille d’entreprises, les microentreprises sont en première ligne. Elles concentrent en effet les trois quarts des défaillances. Près de 10 500 d’entre elles ont fait défaut, traduisant une progression de 6 % sur un an. Si les TPE de 3 à 5 salariés résistent, les petites sociétés de 6 à 19 salariés font face à une situation tendue : les PME de moins de 20 collaborateurs voient en effet leurs défaillances bondir de 13 %, à 739 d’entre elles. Au-delà de 20 salariés, la tendance s’aligne sur la moyenne trimestrielle. À noter, toutefois, que 46 entreprises de plus de 100 salariés ont fait défaut sur le troisième trimestre, menaçant ainsi directement 10 000 emplois.

 

Une barre franchie

 

Au total, 52 000 emplois sont menacés ce troisième trimestre. Un niveau à peine inférieur à celui de 2024. "31 400 sont liés à des redressements judiciaires ou sauvegardes. Si leurs chances d’être préservés sont plus importantes, rappelons que 7 redressements judiciaires sur 10 ne passeront pas la phase d’observation et seront finalement convertis en liquidation judiciaire", indique Altares.

Depuis le début de l’année, 50 700 entreprises ont en tout cas défailli, soit 1 600 de plus qu’à fin septembre 2024, indique Thierry Millon, directeur des études Altares. En données glissées sur douze mois, la barre des 68 000 redressements ou liquidations judiciaires a été franchie, auxquels s’ajoutent 1 500 sauvegardes, poursuit-il. "Le mois de septembre, loin de confirmer les frémissements de début d’été, a refroidi les espoirs d’un retournement. L’économie française est plongée dans un épais brouillard. L’incertitude est encore montée d’un cran gelant les décisions d’investissement et d’embauche, même chez les dirigeants les plus aguerris", regrette Thierry Millon, qui esquisse toutefois quelques pistes d’amélioration.

Parmi elles : une consommation des ménages certes atone, mais qui ne s’effondre pas. Si les Français privilégient l’épargne, la période des fêtes pourrait offrir du répit aux petites entreprises, les plus exposées au risque de défaillances. "Ce dernier trimestre pourrait alors, à défaut d’inverser la tendance, enrayer l’hémorragie et ouvrir la voie vers l’amélioration attendue pour 2026", prédit le directeur des études Altares.

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